La Villa des Hauts-de-Belleville veut retrouver ses racines 05/02/10

La Villa des Hauts-de-Belleville veut retrouver ses racines

La mosaïque du cinquantenaire de l'immeuble. Photo : Anne Sachs

La mosaïque du cinquantenaire de l'immeuble. Photo : Anne Sachs

Après avoir fêté son cinquantenaire il y a deux ans, l’habitat communautaire de la Villa des Hauts-de-Belleville semble aujourd’hui à un tournant décisif de son histoire. Deux générations s’opposent. Celle des Trente Glorieuses – à la tête du conseil syndical – et celle des années 1980, soucieuse de revenir à la philosophie du père Thouvenin.

Rien ne va plus. Les baby-boomers, qui ont hérité des appartements de leurs proches et vécu la loi Chalandon, freinent les ardeurs collectivistes de la nouvelle génération. Refus de l’ouverture de l’immeuble aux Amap mais aussi des nouvelles technologies, location des pièces collectives en dépit du règlement de la copropriété, etc. Quand le communautaire cède le pas au communautarisme, c’est l’ensemble de l’édifice qui vacille…

Le choc des générations

Si les logiques de pouvoir ont pris le pas sur l’idéal d’antan, « c’est aussi parce que l’immeuble est un reflet de la société dans son entier », explique un locataire. Le choc des générations est manifeste pour cet habitant de la Villa : « Les dirigeants d’aujourd’hui voient d’un mauvais oeil toutes les tentatives pour réhabiliter l’idéal du père Thouvenin parce qu’ils sont incapables de penser collectif. Ils sont devenus propriétaires aisément (au moment de la loi Chalandon, les anciens avaient déjà pratiquement remboursé le crédit contracté pour la construction de l’immeuble) et obtenu les bénéfices du travail collectif de leurs aînés. »

L'architecture de l'immeuble, d'inspiration Le Corbusier. Photo : Anne Sachs

L'architecture de l'immeuble, d'inspiration Le Corbusier. Photo : Anne Sachs

Vers un renouveau du lien communautaire ?

Néanmoins, le bilan n’est pas si noir : « Les mentalités changent lentement », explique un autre habitant. Pour preuve, le revirement opéré sur la question de la location des salles collectives, hier payante et redevenu gratuite récemment.

Malgré ces espoirs, la jeune génération est en passe de baisser les bras : « on en a marre », lâche l’une de ses représentantes. « On est parfois perçu comme des brebis galeuses alors qu’on se bat pour l’idéal communautaire. Notre volonté de transparence et notre refus de transiger avec les égoïsmes nous placent parfois dans une position délicate que ne manquent pas d’exploiter certains membres du conseil désirant se maintenir en place. » Les deux logiques pourront-elles s’affronter encore longtemps ? Une page de l’histoire de la Villa des Hauts-de-Belleville est en train de se tourner, son avenir est encore à écrire.

49 rue du Borrégo, 75020 Paris, France

Villa des Hauts-deBelleville, 49 rue du Borrégo, 75020 Paris