Les Sans Radio de l’Est parisien lancent l’ultime bataille 21/09/09

Les Sans Radio de l’Est parisien lancent l’ultime bataille

La mairie du 20e arrondissement accueillait l'assemblée générale des sans radio de l'Est parisien samedi 19 septembre. DR

La mairie du 20e arrondissement accueillait l'assemblée générale des Sans Radio de l'Est parisien samedi 19 septembre. DR

L’association des Sans Radio de l’Est parisien entamera une action en justice avant la fin de l’année 2009 pour obtenir l’arrêt des antennes Towercast et TDF implantées sur les tours Mercuriales. Depuis le rapport d’expertise rendu au CSA en juin 2008, il est en effet établi que le brouillage des radios émises depuis la Tour Eiffel est en grande partie dû aux antennes des Mercuriales d’où une dizaine de radios privées (NRJ, Libertaire, Latina, FG…) sont émises. Au moins 120 000 personnes seraient affectées dans un rayon de 1,8 km, sans compter les très nombreux automobilistes de passage à la porte de Bagnolet.

Action ultime

Depuis 2002, Michel Léon, le président des Sans Radio, se bat pour pouvoir écouter les stations de Radio France chez lui, à Bagnolet. Comme beaucoup d’habitants de sa ville, mais aussi des Lilas, de Montreuil, de Romainville et des 19e et 20e arrondissements de Paris, il capte mal environ un tiers des 48 radios parisiennes. « Sept années d’engagement pour obtenir la reconnaissance d’un trouble », constate-t-il avec lassitude. « Aujourd’hui nous préparons notre action ultime, celle qui devrait nous permettre d’obtenir ce que nous demandons depuis tout ce temps, c’est-à-dire pouvoir écouter la radio chez nous. »

Class action à la française

Pour appuyer leur action en justice, les Sans Radio comptent agir en tant qu’association mais demandent aussi à tout particulier en manque d’ondes hertziennes de se joindre à eux. Le but étant d’engager une procédure de manière collective pour faire reconnaître l’ampleur du trouble.

Si les class action à l’américaine n’existent pas dans le droit français, les Sans Radio semblent avoir trouvé le moyen de se faire entendre d’une seule et même voix. « L’association ne peut pas faire reconnaitre par la justice qu’elle ne reçoit pas la radio, seuls des individus peuvent le faire », explique Jean-Louis Guin, avocat et Sans Radio lui aussi. L’association représentera donc les plaignants auprès de l’avocat qui mènera le combat judiciaire pour chacun d’eux. A l’occasion de l’assemblée générale des Sans Radio de l’Est parisien qui s’est tenue samedi 19 septembre à la mairie du 20e arrondissement, Michel Léon et le conseil d’administration de l’association se sont vu renouveler la confiance des adhérents pour mener à bien cette bataille que tous espèrent être la dernière.

« Notre but est d’obtenir l’arrêt des antennes de Towercast et TDF. Si nous n’y parvenons pas nous demanderons des compensations pour que chaque habitant lésé puisse s’équiper d’un poste de radio numérique. Il y a déjà plus de 80 personnes intéressées pour se joindre à nous », confie Jean-Louis Guin. L’affaire n’est pas gagnée d’avance car l’arrêt des antennes des Mercuriales priverait environ 10 millions de personnes des radios qu’elles diffusent. Le juge devra donc en tenir compte dans sa décision.

Les Mercuriales, Bagnolet, France

Tours Mercuriales, Bagnolet