Hommage au groupe Manouchian dans le 20e: « Ils représentaient la France qui se bat »
La mairie du 20e et le comité Mémoire vive, mémoire commune du 20e ont rendu hommage au groupe Manouchian, lundi 22 février 2010 au soir. La cérémonie s’est déroulée au niveau du numéro 36 de la rue du Groupe Manouchian.
Plusieurs dizaines de personnes y ont assisté en l’honneur de ce groupe de jeunes résistants étrangers exécutés par les nazis en 1944. Dans l’assemblée, entre les drapeaux des anciens combattants et ceux du Parti communiste français (PCF), l’ambassadeur d’Arménie avait fait le déplacement, ainsi que Frédérique Calandra, maire du 20e, accompagnée de son adjoint à la mémoire et au monde combattant, Pascal Joseph, et de David Assouline, conseiller et sénateur de Paris (élu dans le 20e).
L’hommage a débuté par le dépôt de gerbes de fleurs devant la plaque commémorative, suivi par la récitation d’un poème de Paul Éluard et par une minute de silence. L’assistance a ensuite écouté l’allocution de Frédérique Calandra. En conclusion, L’affiche rouge, chanson d’Aragon à la mémoire du groupe et interprétée par Léo Ferré, a été diffusée.
« Le législateur devrait s’inspirer de ces réseaux »
Dans son discours, la maire du 20e a rappelé que Missak Manouchian, le chef arménien du groupe, était un poète avant même d’être un combattant et un militant communiste. « Il écrivait merveilleusement bien. »
Après avoir loué le courage des jeunes résistants, qui « combattaient dos au mur », le discours s’est fait plus politique : « Aucun d’entre eux n’avait jamais passé de brevet de citoyenneté. Ils se posaient moins de questions sur l’identité nationale que certains aujourd’hui. » Frédérique Calandra a également souligné le fait que ces résistants étaient morts pour la France malgré leur nationalité étrangère et a suggéré au « législateur de s’inspirer de ces réseaux » qui représentaient la « France qui se bat ».
Pas de discours pour le Parti communiste
Drapeaux à la main, une dizaine de militants de la section PCF du 20e arrondissement ont assisté silencieusement à la cérémonie. Ils ont ensuite distribué des tracts déplorant qu’aucun élu communiste ne puisse faire un discours, comme il était de tradition depuis 1995. Frédérique Calandra considérant en effet « qu’en pleine période électorale,ce n’était pas le bon moment pour qu’un parti fasse un discours pendant la cérémonie ». La maire du 20e ajoutant que le PCF n’avait pas fait de discours l’année dernière.
L’assistance s’est finalement dispersée, la soirée se prolongeant au Pavillon Carré de Baudouin où était projeté le film de Robert Guédéguian, L’armée du crime, qui retrace l’histoire du groupe Manouchian.
Rue du Groupe Manouchian, 75020 Paris











