« Krach » : le film qui fait mal aux bourses, au MK2 Gambetta
Krach de Fabrice Genestal, ou comment faire un mauvais film à partir d’un sujet original. Peu ou pas traité depuis l’excellent Wall Street d’Oliver Stone (1989), le monde des traders et ses dérives donnaient pourtant matière à sortir ce film du lot.
Interprété par Gilles Lellouche, Erwan Kermor est un Français travaillant comme opérateur de marché à New York. Très ambitieux, il découvre grâce à Sybille Malher (Vahina Giocante) une corrélation entre les marchés financiers et les variations climatiques. Il va ainsi pouvoir anticiper les variations de la bourse, réalisant le rêve de tout spéculateur. Krach raconte l’ascension de cet apprenti-sorcier de la finance et sa frénésie spéculative, de son âge d’or à sa chute.
Une effluve d’intrigue qu’on peine à sentir
L’histoire laissait présager d’un bon film, mais celui-ci pâtit d’un scénario flou qui laisse le spectateur sur sa faim. Le parallèle entre les marchés financiers et les variations de climat ne bénéficie même pas d’un début d’explication. La poule aux œufs d’or existe, un point c’est tout.
Et si on sent bien la volonté de Fabrice Genestal de nous faire penser au fameux Jérome Kerviel, le célèbre trader de la Société Générale. Le personnage d’Erwan Kermor, n’a de commun avec lui que la consonance bretonne de son nom. Le parallèle s’arrête là et s’apparente plutôt à un clin d’œil facile.
Les dialogues, vaporeux, oscillent du plat au carrément prévisible. On en viendrait presque à regretter les répliques imbéciles mais divertissantes d’un bon Chuck Norris au sommet de son art. Résultat, on ne s’accroche pas à des personnages qui auraient pu devenir effroyablement sympathiques.
Michael Madsen sauve le casting
Au casting, Gilles Lellouche peine à être crédible dans ce rôle de trader. On l’avait connu bien plus convaincant dans L’Instinct de Mort, le premier volet du diptyque consacré par Jean-François Richet, à Jacques Mesrine, avec Vincent Cassel dans le rôle titre.
Vahina Giocante et Charles Berling se révèlent assez fades dans des seconds rôles peu développés et avec des dialogues qui ne font rien pour mettre en valeur leur talent. Seul Michael Madsen, en patron vénal et goujat, tire son épingle du jeu. Il est vrai que son charisme et sa voix exceptionnels réussiraient à captiver le public même si on lui donnait à lire les pages jaunes.
Sans vouloir spéculer, on vous recommande de ne pas miser 10 euros sur ce film dont la cote devrait rapidement s’effondrer.
Krach, de Fabrice Genestal (1h29). Sorti le 1er septembre 2010.
Au MK2 Gambetta
Avec Gilles Lellouche, Charles Berling, Vahina Giocante, Michael Madsen, Lisa Ray, Joffrey Verbruggen
Tous les jours à 13h30, 15h50, 17h50, 20h00 et 21h50.
Séances supplémentaires les mercredis, samedis et dimanches à 11h20.













