Le difficile Tour de France de Michel Pourcelly

Blotti contre son épouse, Michel Pourcelly s'accorde un peu de repos en attendant l'arrivée des coureurs du Tour de France sur les Champs-Elysées, dimanche 25 juillet 2010. Photo : M. Guillon
A peine arrivé, Michel Pourcelly pense déjà à repartir. En 2011, il compte bien conjurer le mauvais sort qui l’a poursuivi sur les routes pendant son périple estival, l’empêchant de réaliser tous ses objectifs. L’infatigable cycliste solitaire songe déjà aux cols des Alpes et des Pyrénées qu’il gravira l’été prochain pour son 18e tour de France à vélo.
Entre le 9 et le 24 juillet 2010, ce retraité vivant dans le 20e arrondissement a parcouru plus de 1000km sur sa bicyclette, chargée d’une vingtaine de kilos de bagages, à la poursuite des professionnels de la petite reine engagés dans le Tour de France officiel. Avec une moyenne de 25km/h, il pense pouvoir faire « aussi bien que les professionnels avec un vélo un peu plus léger et les bagages en moins ».

Bloqué la veille à Rodez (Aveyron) par manque d'argent, Michel Pourcelly a pu revenir à temps à Paris pour voir passer le peloton. Photo : M. Guillon
La galère des retraites
Parti au début du mois de Paris en direction des Alpes, Michel a très vite dû changer ses plans. Mauvais temps, crevaisons en série, manque d’argent… malgré sa volonté et une forme toujours au beau fixe, Michel a dû revoir ses ambitions sportives à la baisse à mesure que les jours passaient.
Trois jours après son départ, il est obligé de s’arrêter une journée à cause de la pluie battante « trop dangereuse ». Deux jours plus tard, l’argent vient à lui manquer. « Ma retraite ne m’a pas été versée. J’ai dû dormir sur un banc à la gare de Tournus (Bourgogne) car je n’avais pas de quoi me payer l’hôtel », raconte Michel.
Au pied des Alpes, il crève plusieurs fois dans la même journée. « Je n’avais plus de chambre à air, j’en ai donc rachetées mais ça m’a mis encore plus en difficulté financièrement. » Sa femme, restée à Paris, lui fait parvenir des mandats cash par la Poste, « mais ce n’était pas suffisant pour me permettre de continuer dans la montagne où tout est plus cher ». Les cols du Lautaret et du Galibier seront pour une prochaine fois.

Avec un bon vélo de course et sans bagage, Michel Pourcelly se dit capable de rivaliser avec les professionnels. Photo : M. Guillon
Une nuit de plus dans une gare
Direction les Pyrénées. Michel espère que sa retraite lui sera versée en chemin pour lui permettre de s’attaquer enfin à la montagne. Arrivé à Saint-Etienne (Loire) le 20 juillet, toujours rien sur son compte en banque. Encore vaillant et « en pleine forme », Michel dort une fois de plus dans une gare. « Ce n’est pas le meilleur endroit pour se reposer, c’est sûr, mais c’est mieux que dehors. »
Vendredi 23 juillet, arrivé à Rodez (Aveyron) mais totalement à court d’argent, il fait appel à un ami pour s’acheter un billet de train pour Paris où il ne veut pas manquer l’arrivée des coureurs professionnels sur les Champs-Elysées. Le Tourmalet, l’Hautacam et l’Aubisque lui resteront hors de portée cette année.
« L’année prochaine ça ira beaucoup mieux »
« Les problèmes avec ma caisse de retraite m’auront handicapé jusqu’au bout », regrette Michel. Mais, il en a la certitude, « l’année prochaine ça ira beaucoup mieux. Je devrais être sponsorisé par la mairie du 20e. Nous allons faire les choses à l’avance dès le mois de septembre avec l’adjoint aux sports, M. Blandin. Je partirai avec un jour d’avance sur les professionnels pour pouvoir arriver devant le Tour de France sur les Champs-Elysées. »
Dimanche 25 juillet, Michel et sa femme étaient dans les tribunes sur la plus belle avenue du monde pour assister au passage du peloton et à la victoire du coureur espagnol Alberto Contador.










