La Main de l’autre, pour remettre l’Homme debout 23/04/10

La Main de l’autre, pour remettre l’Homme debout

Depuis 2005, La Main de l’autre vient en aide aux personnes en difficulté autour d’un concept : distribuer les invendus des boulangeries. Deux fois par semaine, les bénévoles de l’association sillonnent l’Est parisien pour récupérer pains, viennoiseries et sandwichs au moment de la fermeture. Le week-end, ils se rendent aussi dans les supermarchés pour collecter des produits alimentaires et d’hygiène donnés par les clients.

« Multireligieuse, laïque et fraternelle »

Le tout est distribué le jeudi sur l’esplanade qui surplombe le parc de Belleville (rue Piat), et le dimanche dans un local prêté par la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Belleville (rue de Palestine, dans le 19e arrondissement). A l’église Notre-Dame-de-la-Croix de Ménilmontant, l’association dispose également d’un local où elle entrepose le fruit de ses collectes entre deux distributions.

De nombreux bénévoles sont croyants et l’église catholique soutient activement La Main de l’autre, mais l’association se veut « multireligieuse, laïque et fraternelle », comme l’explique son président Georges Zokou. « Ce qui me motive c’est la foi, mais chacun vient avec ses raisons. La générosité ce n’est pas une question de religion. »

Eloi, un jeune artiste de Ménilmontant, vient ainsi régulièrement donner un coup de main. Une manière de sortir de chez lui sans forcément rester cloisonné dans le milieu qu’il fréquente, un peu trop bobo à son goût. « Je ne suis pas croyant, mais j’habite juste en face du local de Notre-Dame-de-la-Croix. Un jour j’ai croisé les bénévoles de l’association et j’ai proposé mon aide. Ça m’apporte cent fois plus que ce que je donne. »

Reprendre confiance en soi

Depuis peu, l’association propose un atelier de couture et crochet à ses invités (c’est ainsi que les bénévoles appellent les personnes qui viennent chercher de l’aide), dans un but de réinsertion cher à son président. « Pour certaines personnes qui ne savent ni lire ni écrire, ces travaux manuels permettent de reprendre confiance en soi et d’acquérir un savoir-faire utile », explique Madeleine, la bénévole qui anime l’atelier et fournit le matériel pour le faire fonctionner.

La main de l’autre ne se contente donc pas de distribuer de la nourriture, des vêtements et des produits d’hygiène aux 400 personnes qui sollicitent son aide. L’objectif est de « remettre l’Homme debout », assure Georges. Ainsi, la plupart des bénévoles ont été ou sont toujours des invités de l’association.

« Donner leur permet de se sentir mieux, constate Georges. Certains s’y connaissent en plomberie ou en électricité et proposent leurs services aux autres bénévoles, aux invités ou même aux habitants du quartier. L’association est aussi un réseau d’entraide. »

Les limites de la générosité

Depuis la fin de l’hiver, les personnes affluent pour recevoir de l’aide. Certains viennent de banlieue, comme les nombreux réfugiés tchétchènes que La Main de l’autre accueille. D’autres sont du quartier. Comme Philomène, mère de deux garçons de 7 et 14 ans, qui a du mal à joindre les deux bouts en fin de mois. « En attendant le versement de mon RMI, mon frigo est sec. Mes enfants mangent à l’école le midi, mais parfois il n’y a qu’un peu de pain et de lait à manger pour eux le soir, parfois rien du tout. »

Avec la fermeture des Restaurants du coeur le nombre d’invités de l’association a doublé en quelques semaines. « Il a fallu mettre en place un système de carte et organiser une distribution tournante », explique Georges. La Main de l’autre subsiste aujourd’hui grâce à la générosité de ses bénévoles et de ses partenaires. Mais Georges le sait, « cela ne durera qu’un temps. Pour mettre en place d’autres ateliers de réinsertion il nous faudra de l’argent. »

Association La Main de l’autre
Contact : lamainl@yahoo.fr

Esplanade du parc de Belleville – rue Piat, 75020 Paris

Local de distribution de La Main de l’autre – 8, rue de Palestine, 75019 Paris

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