Les centres de vaccinations grippe A du 20e loin d’être débordés 17/12/09

Les centres de vaccinations grippe A du 20e loin d’être débordés

Devant le gymnase Maryse Hilz, quelques personnes dénoncent le plan de vaccination (photo : P. Bohm)

Devant le gymnase Maryse Hilz, quelques personnes dénoncent le plan de vaccination (photo : P. Bohm)

« Monsieur, vous venez vous faire vacciner ? C’est très dangereux« . Devant le gymnase Maryse Hilz de la porte de Montreuil, réquisitionné pour servir de centre de vaccination contre la Grippe A, ils sont une poignée à distribuer des tracts dénonçant le manque d’information sur les possibles effets secondaires. Ils accusent aussi Roselyne Bachelot d’être « vendue aux laboratoires pharmaceutiques« . Elle a en tout cas travaillé aux « relations publiques » pour plusieurs laboratoires pendant 12 ans avant de faire de la politique. Selon le journal régional satirique Ch’Fakir, elle s’en vantait sur sa bio de députée européenne en 2004 mais plus en 2007 lorsqu’elle fut nommée ministre de la santé par Nicolas Sarkozy. Légèrement perdues devant ce déploiement de pancartes, les quelques personnes qui passent le portail sont un peu décontenancés : « on n’arrête pas de nous dire qu’il faut se faire vacciner, ma femme est enceinte donc je veux pas prendre de risque… » explique l’un.

 

Les étudiants-infirmiers désoeuvrés (Photo : P.Bohm)

Les étudiants-infirmiers désoeuvrés (Photo : P.Bohm)

« Aujourd’hui j’ai vacciné deux personnes »

On arrive dans le gymnase avec en tête les images montrées à la télévision de files d’attentes de gens excédés. Mais surprise, il est pratiquement désert. Les cinq box improvisés avec du carton posé sur des barrières de sécurités sont vides. Ici, deux pompiers de Paris discutent, là quatre étudiants-infirmiers boivent un café. « Aujourd’hui, j’ai vacciné deux personnes » explique Lara, 22 ans. En plus de s’ennuyer ferme, ils sont inquiets. « On doit être relevés de notre vacation de 4 heures tout à l’heure mais on sait pas encore s’il y aura un infirmier titulaire pour encadrer nos camarades. J’ai appelé l’école pour les prévenir ils n’étaient pas au courant du problème » confie Marc, 22 ans en faisant la moue. Ils s’inquiètent aussi pour leur diplôme car « pendant qu’on est là on est pas en cours ou en stage pratique« . Un médecin débarque: « comment on prépare les vaccins ?« . « Les gens qui viennent, on les bichonne » sourit une responsable. C’est vrai qu’aujourd’hui, il y a le temps.

« Peu de gens savent qu’on est ouvert »

Au Gymnase Bidassoa, lui aussi réquisitionné, l’affluence est un peu plus importante. « Aujourd’hui, on a vacciné une petite quarantaine de personnes » explique le responsable. « Le problème c’est que les gens ne savent pas qu’on est ouvert donc ils viennent peu« . « Vous êtes médecin ? » demande t-on à un homme qui salue le responsable. « Non, moi je suis fonctionnaire du trésor. Je suis réquisitionné« . On lui fait visiter.

La réquisition du gymnase de la Bidassoa est « embêtante » pour Thabo Lathis, président du Judo Club Sorbier qui s’entraine presque tous les jours dans ce gymnase en temps normal : « On a 170 licenciés et une dizaine de créneaux sur la semaine. Pour le moment, on s’arrange avec l’école Sorbier pour faire quelques cours dans le gymnase quand c’est possible mais c’est vraiment pas évident« . Et les animations prévues pour Noël « avec les gamins » ont été annulées.