La Miroiterie reste en sursis

Le propriétaire de la Miroiterie a jusqu'au 6 octobre pour accepter ou refuser la proposition de médiation. Photo : Olivier Bruchez
«On est toujours là», sourit Michel Ktu, un des occupants du squat d’artistes La Miroiterie dans le 20e arrondissement. Ses compagnons sont satisfaits de la décision de la chambre des référés du Palais de Justice de Paris. Celle-ci propose une médiation dans l’affaire qui les oppose au marchand de biens Edmond Coignet, spécialisé notamment dans «l’acquisition et la rénovation d’immeubles en vue de leur revente à la découpe». Cette revente pourrait être particulièrement intéressante. « En général, un bâtiment squatté peut perdre 10 à 20 % de sa valeur par rapport au même bâtiment vide », explique un membre de Jeudi noir, un collectif qui dénonce la flambée des prix des loyers causée par la spéculation immobilière.
Réveillé à deux heures du matin
Propriétaire des lieux depuis 2007, l’entreprise veut obtenir l’expulsion des squatteurs du 88, rue de Ménilmontant. Une décision qui conviendrait à Loïc*, 37 ans, artisan d’art et dont la chambre des deux enfants donne sur la cour où se tiennent concerts et soirées en tout genre. «La semaine dernière, j’ai été réveillé à deux heures du matin par des coups de pieds dans le portail de la Miroiterie.» Pour autant il ne juge pas le mode de vie de ses voisins : «chacun vit comme il le veut». Cela ne l’empêche pas d’être excédé quand il doit « enjamber du vomi » à la sortie de chez lui.

Expositions, concerts, portes ouvertes, les occupants de la Miroiterie mettent en avant son importance culturelle. Photo : Gaël Chardon
«4800 groupes en 10 ans»
De son côté, la Miroiterie brandit son importance dans la vie culturelle de l’arrondissement. Selon Frédéric Atlan, l’un des artistes occupant les lieux, «4800 groupes sont passés depuis 10 ans». «On était là avant la Bellevilloise» précise-t-il avant d’ajouter, lucide, «on peut dire qu’on a participé à la boboïsation du quartier». À l’audience, leur avocate aux cheveux violets plaide que les concerts organisés à la Miroiterie se terminent vers «22h, au plus tard 22h30» provoquant un soupir un peu agacé d’un riverain, sceptique.
Devant la complexité du dossier – où se mêlent l’incompétence du tribunal pour le juger, avancée par une avocate de la défense, et l’éventuelle nature commerciale des locaux – la présidente propose une médiation entre les deux parties. Sortie d’un pas pressé de la salle de tribunal, l’avocate d’Edmond Coignet, «refuse de [s']exprimer sur cette affaire». Son client a jusqu’au mardi 6 octobre pour choisir d’accepter ou de refuser cette solution de médiation.
*Le prénom a été changé.
Rédaction : Pierre Bohm et Frédéric Rieunier











Je me demande si on peut reprocher aux occupants le fait que des gens donnent des coups de pied, de l’extérieur, dans leur portail! Quant aux nuisances ce sont celles de tout quartier animé en fin de semaine. Personnellement j’habite près d’un McDo, qui attire les jeunes glandeurs en masse : tous les week-end des flaques de vomi devant chez moi, mais je ne demande pas l’expulsion du MacDo sous prétexte que ses consommateurs ont tendance à mettre trop d’alcool sur leur hamburger le samedi.
A la miroiterie les concerts s’achèvent toujours à 22h30, c’est une heure plus que raisonnable – et il suffit d’aller à une fête ou aux « portes ouvertes » pour voir que le lieu est vraiment populaire.
J’habite en face de la miroiteie et je trouve que ce lieux n’est pas le plus bruyant du quartier sa fermeture étant à 23h et seulement le week end. Ce qui n’est pas le cas du bar des sport juste à coté fréquenté jusqu’à 2h du matin. Je vous assure que le niveau sonore et d’alcoolémie du bds est bien plus important que celui de la miroiterie.
Merci quand meme pour le papier