L’affaire Sadeghi prend de l’ampleur
Tristan Sadeghi entrera-t-il en terminale l’année prochaine à Maurice Ravel ? A première vue, cette question ne devrait pas passionner les foules. Pourtant l’affaire prend de l’ampleur et une tournure politique.Si les lycéens sont sortis de leur torpeur estivale, c’est parce que le proviseur de Ravel refuse d’inscrire Tristan en terminale s’il ne signe pas un papier où il s’engage à ne plus bloquer le lycée comme il l’a fait pendant 10 jours l’hiver dernier. A 17 ans, Tristan Sadeghi n’est plus prioritaire sur les listes d’attente pour d’autres lycées éventuels. Il s’inquiète naturellement pour son avenir. Médiatisation Pas content du tout, le jeune homme a médiatisé l’affaire, refusant de choisir entre le blocage et le bac. Il a été aidé en cela par Danielle Simonnet, conseillère de Paris, déléguée auprès de la Maire du 20e arrondissement chargée de la lutte contre les discriminations, de l’intégration, du handicap, et du monde associatif, et membre du Parti de Gauche dont Tristan Sadeghi est un des plus jeunes adhérents. Un comité de soutien a été monté et deux manifestations ont déjà eu lieu devant le rectorat, avenue Gambetta. L’UNL (Union nationale lycéenne)affirme de son côté que « la volonté d’expression des lycéens ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de l’autoritarisme réactionnaire de certains proviseurs ». Sur le web, « pro- » et « anti-Tristan » s’affrontent par groupes Facebook interposés. L’UNI-lycée (syndicat lycéen de droite) est au premier plan de la mobilisation contre le lycéen avec son groupe « Pour que Tristan le ‘bloqueur de lycée’ reste bloqué hors de son lycée ! ». Légitime Même le nouveau ministre de l’Education, Luc Chatel, monte aux créneaux. En déplacement à Poitiers, il a déclaré : « Je trouve que la démarche du proviseur est tout à fait légitime. » « Le lycée de la République, ce n’est pas un lieu de blocage, de fermeture, d’exclusion. C’est un lieu d’apprentissage du savoir, d’égalité d’accès pour tous. » La Fidl (Fédération indépendante et démocratique lycéenne) a demandé hier au ministre de l’Education Luc Chatel « d’ordonner sans délais » l’inscription en terminale de Tristan Sadeghi. Soutenu, le proviseur du lycée Maurice Ravel reste droit dans ses bottes. Dans une interview accordée à lexpress.fr, Philippe Guittet décrit un élève « excellent » mais « apparatchik ». « Tristan n’était pas de ceux qui se contentait de déplacer une poubelle, mais faisait partie des principaux organisateurs des blocages. Cet élève a eu une attitude contraire aux droits et devoirs du lycéen, notamment en donnant la marche à suivre aux autres lycéens bloqueurs ». « Tristan, bon élève, peut manquer quelques cours, mais cela nuit aux élèves les plus fragiles », a-t-il également déclaré à l’AFP. |










