« Une jeunesse étrangère » au pavillon Carré de Baudouin 01/10/09

« Une jeunesse étrangère » au pavillon Carré de Baudouin

L'un des jeunes qui apparait dans le film Amara avec sa réalisatrice Marion Stalens (crédit photo : Pierre Bohm)

L'un des jeunes qui apparaît dans le film Amara avec sa réalisatrice Marion Stalens (crédit photo : Pierre Bohm)

Mercredi 30 septembre, le pavillon Carré de Baudouin accueillait la projection du documentaire de Marion Stalens, Une jeunesse étrangère. Un film réalisé en partie par les jeunes gens qu’il prend pour sujets. Plusieurs affiches du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) accueillaient le public à l’entrée, marquant le soutien au film de la principale association d’aide aux enfants scolarisés sans-papiers.

Galère, peur, manque, mépris

Tourné en 2007, le documentaire de Marion Stalens relate les témoignages de jeunes gens, arrivés en France alors qu’ils étaient des enfants. Ils racontent la galère des sans-papiers, la peur de la police, les logements insalubres, le manque des proches restés au pays, le regard souvent moqueur de leurs camarades de classe, le mépris de certains professeurs…

Il y a par exemple Tatiana, une jeune fille d’origine russe, obligée de quitter son pays pour échapper aux pressions morales et physiques devenues insoutenables que son père (opposant au président Vladimir Poutine) subissait. Il y a aussi Amara, un jeune Ivoirien qui, les larmes aux yeux, raconte le décès de son grand frère resté au pays et les difficultés de sa mère à pouvoir retourner à Abidjan pour enterrer son fils. Car quand on est sans-papiers, rien n’est simple. Mais le film ne montre pas que des larmes. On voit aussi ces jeunes issus de pays différents apprendre à se connaître, s’amuser, échanger sur leur culture d’origine.

Se raconter

On sourit de les voir plonger l’œil dans la caméra quand ils se filment les uns les autres. L’une des particularités du film est en effet de montrer ces jeunes en train de se filmer. Car, s’ils sont personnages principaux, ils ont aussi activement participé à la technique du film. « C’était en même temps un stage pour les initier aux techniques de tournage. Je trouvais que c’était émouvant de les montrer se raconter entre eux », explique la réalisatrice Marion Stalens.

Tatiana, 19 ans aujourd’hui, faisait partie du conseil de la jeunesse du 20e arrondissement quand le projet du film est né. « Je me suis dit, pourquoi ne pas témoigner de mon histoire ? On était plusieurs à avoir connu un parcours similaire, ça m’a poussée, se souvient-elle, ce fut une expérience très enrichissante. » Pour elle, et pour tous ceux qui ont eu la chance de voir ces témoignages poignants.

> Rédaction : Pierre Bohm

75020 Paris, France

Pavillon Carré de Baudouin, 121, rue de Ménilmontant – 75020 Paris