Belleville représente le 20e au Parlement des enfants 15/06/10

Belleville représente le 20e au Parlement des enfants

Le 16e Parlement des enfants s’est tenu samedi 5 juin 2010 à l’Assemblée nationale. 577 députés juniors se sont retrouvés pour choisir un texte de loi sur lequel les parlementaires français voteront. Parmi ces citoyens en herbe, Younès et Lilian, deux écoliers des écoles élémentaires de la rue de Belleville représentaient le 20e arrondissement.
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Le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, et le ministre de l'Éducation nationale, Luc Chatelrépondent aux questions des députés juniors. Photo : Basile Bonne

Le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, et le ministre de l'Éducation nationale, Luc Chatel, ont répondu aux questions des députés juniors. Photo : Basile Bonne

9h34 du matin, Younès est sur le pied de guerre. Aujourd’hui, samedi 5 juin 2010, c’est le Parlement des enfants. Pour cet écolier du quartier de Belleville, la journée n’est pas habituelle. Assis à la terrasse du très chic Café Bourbon derrière l’Assemblée nationale, il sirote anxieusement son jus d’orange. Il attend George Pau-Langevin, la députée du 20e arrondissement, qu’il va remplacer le temps d’une journée.

Après une brève rencontre avec la parlementaire venue le saluer, il est temps de se lancer. Casquette vissée sur la tête et badge bien accroché, Younès franchit les portes du palais Bourbon, direction la salle où se réunit sa commission pour débattre des trois propositions de loi mises à l’ordre du jour. Là, Younès retrouve Lilian, le 422e député junior venu lui aussi d’une école de Belleville. Avec son bras dans le plâtre – à cause d’une « chute en skate » -, Lilian représente la circonscritption de Danièle Hoffman-Rispal (à cheval sur le 11e et le 20e arrondissement). Après une timide poignée de main, chacun regagne sa place. Studieux, ils étudient les textes de loi et observent, impressionnés, la machine parlementaire qui se met en branle.

Younès (à gauche) et Lilian (à droite): les deux circonscriptions législatives du 20e arrondissement. Photo : Basile Bonne

Younès (à gauche) et Lilian (à droite) représentaient les deux circonscriptions législatives du 20e arrondissement. Photo : Basile Bonne

« C’est jamais à mon tour de parler »

A l’ordre du jour, trois propositions sont à examiner. Très vite, Younes veut participer. Après le discours emphatique du député junior du 16e arrondissement, Younès ne prend pas de pincette. Il le dit sans hésitation, il votera « la loi numéro trois ! » (destinée à améliorer la prévention des risques en zone inondable). « Parce que c’est celle qui sauve des vies », assure-t-il. Pour sa part, Lilian est plus réservé. Mais, lorsque la commission se termine, et qu’il n’a pas pu donner son avis sur la proposition de loi qu’il soutient, on le sent un peu blasé. « C’est jamais à mon tour de parler », regrette-t-il. Et ce n’est pas faute d’avoir lever sa main valide pour demander la parole.

Dans une ambiance de garden party, petits et grands ont pu goûter aux délices de la citoyenneté. Photo : Basile Bonne

Dans une ambiance de garden party, petits et grands ont pu goûter aux délices de la citoyenneté. Photo : Basile Bonne

Dans les jardins du Palais Bourbon, à l’heure du repas, Younès s’en donne à cœur joie. Pour ce 16e Parlement des enfants, l’État a sorti les grands plats pour les petits. Bonbons, glaces ou barbe à papa, le buffet est princier. Rien ne distrait le député junior. Pas même le discours du président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer. Ni même lorsqu’un moustachu griffé à la mode canadienne vient faire la publicité de son nouveau « projet citoyen ». « - Tu le connais Lilian le monsieur là bas ? C’est Yann Arthus Bertrand. » « - Bah… Non, je connais pas. » « - Mais si, tu sais, il passe toujours à la télé. » « - Ah, bah… oui peut-être. » Cause toujours tu m’intéresse. Apparemment, le lobbyiste de luxe a encore du pain sur la planche.

Enfin dans l’hémicycle

A 14h, les enfants font leur entrée dans l’hémicycle. Escortés par l’impassible garde républicaine, les 577 députés juniors s’installent sur les bancs des députés. Younès, affublé de sa casquette couleur camouflage, que sa mère n’a pas réussi à lui faire enlever malgré ses efforts répétés, bavarde avec ses confrères. Pour les deux représentants des écoles élémentaire de la rue de Belleville, la timidité matinale à laisser place à l’excitation. Dans quelques minutes, ils vont marquer de leur empreinte la législation française. A la proclamation des résultats, l’hémicycle explose de joie. 577 voix d’enfants se font entendre. Younès jubile, la loi qu’il soutenait est celle qui a été retenue. Lilian, un peu moins emballé apprécie ce moment dont il se souviendra.

16h30. En quelques minutes, l’hémicycle se vide. Chaque député doit rentrer dans sa circonscription. Pour certaines très éloignées de Paris. Comme celle de Wallis et Futuna par exemple, située à… 16 000 km de la capitale. Pour Younès et Lilian, c’est retour en métro direction Belleville.

Les députés juniors, 16 années qu’ils siègent

Depuis 1994, une classe de CM2 des 577 circonscriptions de France métropolitaine et d’outre-mers envoie un député junior à Paris. Ce dernier est chargé, par ses camarades, de défendre une loi, choisis préalablement par un jury parmi toutes les propositions envoyées par chaque école. Cette année la loi qui à remporter la majorité des suffrages avait pour but d’imposer de nouvelles règles aux habitants de zones inondables, l’une des propositions visait à introduire des représentants dans chaque classe avant le secondaire et la dernière traitait de la lutte contre les addictions aux jeux vidéos.