Les enseignants du 20e en grève contre la masterisation
Les enseignants du 20e arrondissement ont tenu une assemblée générale, jeudi 17 mars au soir à l’école Tourtille. Ils étaient une vingtaine à se rassembler, représentant dix écoles.
Un enseignant sur deux en grève à Paris
A l’ordre du jour, l’application de la réforme dite de masterisation, l’évaluation des élèves en CE1 et CM2, ainsi que la grève des enseignants en Ile-de-France prévue demain, mardi 23 mars 2010. Le mouvement devrait être très suivi à Paris selon le syndicat SNUipp-FSU qui prévoit un enseignant sur deux en grève.
Masterisation
La réforme de la formation des professeurs et des enseignants, prévue par le gouvernement Fillon, doit être mise en œuvre à la rentrée 2010. Elle prévoit d’élever le niveau requis de bac +3 à bac +5 pour passer le concours de l’éducation nationale. La formation des enseignants sera assurée par des Masters au sein des facultés. Les IUFM, qui avaient depuis 20 ans le monopole de cette formation, ne devraient toutefois pas disparaître pour l’instant.
Une année scolaire 2010 perturbée ?
La rentrée prochaine risque donc d’être chahutée car les écoles devront recevoir à la fois les sortants de l’IUFM et les lauréats du concours de cette année. L’académie de Paris a donc prévu de bloquer 58 postes dits de mouvement, normalement réservés aux personnels mutés, afin de pouvoir accueillir le surplus de nouveaux arrivants.
Les enseignants présents ont donc déploré à la fois la réforme et son application par l’académie. Ils craignent que la rentrée 2010 soit difficile à gérer. Certaines classes pourraient être dirigées par trois enseignants au long de l’année : un lauréat du concours, un enseignant sans expérience car sortant tout juste de l’IUFM, et un troisième enseignant d’appoint. En l’absence d’un référent stable, les élèves de ces classes pourraient voir leur scolarité perturbée.
Le refus de l’évaluation Darcos
Autre sujet sensible, l’évaluation des élèves de CE1 et de CM2 mise en place par le ministre de l’Éducation Xavier Darcos en 2008. Il s’agit de questionnaires remplis par l’ensemble des élèves de France, afin d’évaluer et de comparer les résultats par établissement ou académie. L’assemblée générale dans son ensemble, a déploré la philosophie de cette réforme. Certains enseignants ayant même fait grève la semaine où les évaluations devait se tenir.
L’intersyndical appel à la grève mardi 23 mars
En conclusion, l’assemblée générale a précisé que c’est l’ensemble des mesures mises en place par le gouvernement ces dernières années qui vont nuire à la qualité de l’enseignement. La plupart des personnes présentes ont donc décidé de répondre à l’appel à la grève de l’intersyndical qui se déroulera mardi 23 mars 2010 en Ile-de-France.
Par ailleurs une réunion d’information sur la masterisation à destination des parents d’élèves se déroulera le jeudi 25 mars (à 17h) à l’école Eupatoria, 15, rue d’Eupatoria dans le 20e.












Tiens, les profs en grève, ça faisait longtemps. Enfin pas tant que ça.
Il faudra quand même qu’ils m’expliquent pour quelle raison ils s’opposent à la mastérisation. Ont-ils peur d’être concurrencés par des professeurs mieux formés à bac + 5 ? Et pourquoi ils s’opposent aux évaluations d’élèves: auraient-ils peur de voir que leurs enseignements sont médiocres ? Se rendent-ils compte que cela a une importance capitale de savoir où se situe l’élève, s’il a maîtrisé les acquis de base, si l’enseignement est adapté ? Auraient-ils peur, par ce biais de voir ce qu’eux-mêmes valent, via les enseignements qu’ils dispensent ? Les profs n’agissent pas pour le bien commun des enfants, mais pour leurs petites corporatisme personnels, incapables qu’ils sont de se projeter et d’admettre la moindre réforme, quel que soit le ministre qui la propose. Ça fait des années que cela dure, et la seule et sempiternelle complainte qu’ils ressasse, c’est le manque de moyen. Sauf que dans un ministère qui compte près d’un million de fonctionnaires et ou des centaines, voire des milliers de professeurs ne se voient affectés nulle part à chaque rentrée, ce n’est pas les moyens qui manquent, mais l’organisation, et surtout, une mentalité autre que celle de l’éternel persécuté.