Tristan Sadeghi: « S’il devait y avoir une action d’une certaine ampleur, je n’exclus rien » 22/07/09

Tristan Sadeghi: « S’il devait y avoir une action d’une certaine ampleur, je n’exclus rien »

Comment avez vous accueilli la décision du proviseur ?

Avec beaucoup de soulagement. J’étais sous pression pendant un mois même si je suis toujours resté confiant. Tout le monde nous a dit que le proviseur n’avait pas le droit d’exiger un engagement écrit de ma part à ne pas bloquer le lycée. Maintenant, je peux aborder mes vacances sereinement.

Qu’est ce qui a fait pencher la balance en votre faveur à votre avis ?

La mobilisation énorme. Au niveau médiatique, l’affaire a pris des proportions considérables. Il y a aussi eu deux rassemblements (devant le rectorat) et une pétition qui a réuni 4000 signatures. Je peux vous assurer que je ne connais pas 4000 personnes. Tous les partis et les parents d’élèves, au niveau local en tout cas, m’ont soutenu.

Je souhaite aussi remercier particulièrement Danielle Simonnet (conseillère de Paris et déléguée à la maire du XXème, PG). Elle a été très active, a beaucoup travaillé pour nous, d’une manière presque inimaginable… L’ampleur médiatique de l’affaire est, entre autres, due à Danielle.

Le directeur d’Académie Michel Soussan a affirmé que vous vous étiez engagé oralement à ne pas bloquer...

On pensait qu’il allait dire une chose comme ça. L’année prochaine je serai en terminale, la priorité c’est les études. Je serai donc moins actif au niveau syndical car mon engagement me prend beaucoup de temps. Mais je ne me suis pas engagé à ne pas participer à un mouvement.

Si jamais il devait y avoir une action d’une certaine ampleur, je n’exclus rien. J’avais prévenu dès le début de l’affaire que l’année prochaine je me concentrerai sur mes études, c’est ce que le directeur d’Académie a dû prendre comme un engagement.

Cela fait quoi d’avoir 17 ans et d’entendre le ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, faire des déclarations sur son inscription en terminale ?

J’ai été le premier surpris devant l’ampleur presque nationale de mon affaire. J’ai reçu des mails de soutien de toute la France. Cela fait plaisir et cela montre que les gens sentent qu’il y a des limites à ne pas dépasser. Cette affaire, ce n’est pas seulement l’affaire Sadeghi, les gens sentent bien qu’il y a un probleme politique derrière.

C’était compliqué d’entendre Chatel parler de moi en tant que bloqueur et pas en tant qu’individu. Mais, au final, c’est une très bonne expérience et tout est rentré dans l’ordre.

Propos recueillis par Pierre Bohm
Photo : Bertrand Noël