Rafle du Vel’ d’hiv : Le 20e se souvient
Dépôt d'une gerbe à côté de la plaque commémorative inaugurée sur l'ancien commissariat du 20e. Crédit photo : Janos Kaldi.
Le 20e arrondissement commémorait hier les évènements du 16-17 juillet 1942. Une cérémonie pleine d’émotion, à laquelle participait une cinquantaine de personnes, pour garder la mémoire de la plus grande rafle de juifs en France sous l’Occupation.
Cérémonie itinérante
Le 16 juillet 1942, plus de 13 000 parisiens étaient arrêtés parce que juifs et regroupés au Vélodrome d’hiver dans le 15e arrondissement. Ils furent internés en France puis envoyés à la mort dans les camps allemands.
La cérémonie itinérante organisée à l’initiative des élus du 20e et d’amicales de déportés s’est déroulée en plusieurs lieux de l’arrondissement. Les participants se sont ainsi arrêtés devant la Bellevilloise, ancienne coopérative ouvrière où de nombreux juifs, hommes femmes et enfants, ont été regroupés lors de la rafle.
Plaque commémorative posée sur la façade de l'ancien commissariat du 20e. Crédit photo : Janos Kaldi.
Le cortège s’est ensuite rendu devant l’ancien commissariat central de l’arrondissement, derrière la mairie. Une plaque à la mémoire des déportés apposée sur la façade de l’avenue Gambetta y a été dévoilée. Deux victimes des évènements de l’époque ont ensuite apporté leur témoignage.
Lors de la rafle du Vel’ d’hiv, de nombreux juifs furent emprisonnés dans les sous-sols de l’ancien commissariat en attendant d’être envoyés en camp d’internement. Les associations de déportés et les élus n’avaient pas souhaité poser cette plaque tant que le commissariat était occupé.
A la mémoire des enfants
La cérémonie s’est achevée dans le square Edouard Vaillant. Une plaque à la mémoire des enfants déportés du 20e y a été inaugurée. Après un discours prononcé par Pascal Joseph, (Adjoint à la Maire du 20e en charge de la sécurité, de la prévention, de la mémoire et du monde combattant), les participants ont entonné le Chant des Marais. Composé par des prisonniers de Dachau, ce chant est devenu l’hymne de la déportation.
Discours de Pascal Joseph sous le kiosque du square Edouard Vaillant. Crédit photo : Janos Kaldi.
Pascal Joseph était accompagné des élu-es David Assouline (Sénateur du 20e), Danièle Hoffman-Rispal (Députée du 20e), Sandra Chelelekian (Conseillère d’arrondissement, adjointe à la Maire du 20e en charge des aînés et de la solidarité intergénérationnelle) et Naomi Sadeng (Conseillère d’arrondissement, déléguée « Accès à la citoyenneté et vivre-ensemble »).











Bonjour,
Merci pour vos articles, une précision, ce ne sont pas « Les associations de déportés et les élus qui n’avaient pas souhaité poser cette plaque tant que le commissariat était occupé. » mais en revanche, le refus du commissariat de voir apposée cette plaque sur le commissariat en exercice. Ce n’est donc que lorsque nous avons connu la date du déménagement et donc le retour de cette partie du bâtiment dans le patrimoine municipal que nous avons pu déposer la plaque, honorant ainsi le serment que nous avions fait aux survivants et à leurs descendants.
Cordialement,
pascal joseph
Merci a vous Joseph pour cette précision de taille qui vaudrait logiquement un nouvel article, si ce n’est, au stricte minimum, comme l’exige l’honneur et la vérité que l’erreur soit rapidement corrigée.
Il est tout de même paradoxal et assez scandaleux a mon sens que l’institution Française pleinement responsable (et non simple complice) de la déportation des juifs de France soit exempté du devoir de mémoire dont s’acquitte pourtant avec respect chaque Français. Les plaques commémoratives aurait plus de sens en ces lieux maudits que sur les frontons des écoles ou ont été raflés ces pauvres enfants.
L’information selon laquelle les associations n’avaient pas souhaité poser de plaque tant que les locaux de l’ancien commissariat étaient occupés venait d’un membre actif d’une association qui faisait office de « maître de cérémonie » ce jour là.
En attendant d’en savoir plus, merci à M. Joseph d’avoir apporté cette information à notre connaissance.
Nous allons nous renseigner à ce sujet pour corriger l’article si l’info s’avère être exacte.