Antenne Olivier Métra : Orange s’engage pour un démontage en 2011 11/08/10

Antenne Olivier Métra : Orange s’engage pour un démontage en 2011

Les habitants de la rue Olivier Métra espèrent ne plus voir les antennes relais d'Orange devant leurs fenêtres en 2011. Photo : N. Teichner

Les habitants de la rue Olivier Métra espèrent ne plus voir les antennes relais d'Orange devant leurs fenêtres en 2011. Photo : N. Teichner

Les riverains de la rue Olivier Métra peuvent enfin crier victoire dans leur combat contre l’antenne relais de téléphonie mobile installée face à leurs fenêtres. Après plusieurs années de lutte, ils ont obtenu de l’opérateur Orange le démontage de son antenne courant janvier 2011. « Sous réserve du bon avancement des travaux sur les sites complémentaires », précise l’entreprise.

Selon Florence De Massol, adjointe chargée de l’environnement à la mairie du 20e arrondissement, « les deux sites complémentaires demandés par Orange étaient utilisés par la mairie comme des moyens de pression. On leur disait : tant que vous n’avez pas donné un calendrier précis et écrit de démontage de l’antenne relais Olivier Métra, on ne vous autorisera pas à construire sur les deux sites complémentaires ».

L’élue Verts ne voit « pas d’objection » à la mise en place de ces deux sites complémentaires. Elle se dit toutefois « très vigilante » à ce qu’Orange tienne enfin ses engagements.

Étonnement de l’élue,  réserve des associations

Par ailleurs, Florence De Massol se dit « étonnée qu’une entreprise de service public se comporte si légèrement envers les habitants et vis à vis de ses propres engagements. Je suis embêtée de voir que la mairie doit s’occuper de ce genre de problème, faire des réunions et presque harceler, pour qu’Orange réponde à des engagements pris à la commission de l’Hôtel de ville devant les représentants des arrondissements et les adjoints au maire de Paris ».

Du côté de Priartem, une association qui agit notamment pour le respect par les opérateurs des seuils d’émissions des antennes relais, on se « réjouit de cette décision tant attendue » mais on reste « prudent, une précédente annonce ayant été faite sans retrait des antennes ».

Une « excellente nouvelle » pour les riverains

Même son de cloche du côté des riverains de l’antenne, dont le comportement est qualifié d’« exemplaire » par Florence De Massol. Yves Breton, dont les fenêtres sont situées à quelques mètres  de l’antenne estime que « c’est une excellente nouvelle ». « Ils ont réussi à grappiller presque deux ans puisque nous sommes en lutte depuis décembre 2008. Pendant ce temps, ils nous ont pourri la vie. Cela fait 9 ans que nous sommes exposés à des radiations alors qu’on avait rien demandé. »

Orange parle de maladie psychosomatique

Chez Orange, on ne reconnaît pourtant pas le trouble occasionné : « Il y a 600 études universitaires dans le monde entier qui montrent que les antennes relais ne présentent aucun danger. » Des études financées par l’industrie des télécom elle même ? Réponse amusée du service communication d’Orange : « Mais bien sûr, c’est la grande théorie du complot. » Les maux de tête des riverains ? « Des maladies psychologiques voire psychiatriques. Par angoisse, ils se rendent malade, s’autopersuadent. Je peux vous donner l’exemple d’une antenne relais à Saint-Cloud. Les riverains se sont plaints de maux de tête alors que l’antenne n’était même pas encore branchée »

« Orange essaye de tourner par tous les moyens en ridicule les problème des riverains », s’agace Yves Breton. « Mais non, évidemment, ce n’est pas psychosomatique », assure-t-il.

« L’impression d’un gouvernement à la botte des opérateurs »

Si elle assure que « la plupart du temps, la charte parisienne relative aux antennes relais est respectée par les opérateurs », Florence De Massol s’étonne que la capitale soit la seule ville française à s’en être dotée. « On a l’impression que le gouvernement est à la botte des opérateurs. Pourquoi ne font-ils pas une loi pour généraliser cette charte à toutes les villes françaises, avec l’accord des maires et des conseils municipaux ? »