Les Multipro Ménilmontant cherchent un second souffle 11/05/10

Les Multipro Ménilmontant cherchent un second souffle

Avant le rassemblement place de la Nation, une trentaine de soutiens sont allés manifester devant l'agence de la rue des Immeubles industriels (11e)

Après plus de 200 jours de grève, les 32 sans-papiers de Multipro Ménilmontant restent dans l’impasse. Le patron qui les a employés illégalement pendant des années selon eux s’obstine à refuser toutes négociations. Vendredi 7 mai 2010, un nouveau rassemblement de soutien a été organisé place de la Nation.

« Thierry Belhassen préfère voir couler sa boîte plutôt que d’ouvrir des négociations. » Ces mots, prononcés par Sébastien Chatillon, membre du syndicat Solidaires en charge du conflit de Multipro depuis le 23 octobre, semblent annonciateurs d’un point de non retour.

Depuis plus de cinq mois, syndicalistes et soutiens tentent de trouver une issue au conflit. Après des années de lutte contre les abus patronaux, ils affirment ne s’être jamais retrouvés face à un tel mur. « Thierry Belhassen ne veut rien lâcher. » Mais, au moment où la mobilisation devrait être la plus forte, de moins en moins de monde se déplace pour venir en aide aux 32 grévistes. « C’est au moment où nous avons le plus besoin d’appuis, que le mouvement s’essouffle », déplore l’un des 34 soutiens, venus, comme tous les vendredis, manifester devant l’agence Multipro de la rue des Immeubles industriels (11e).

Environ 150 personnes se sont rassemblées place de la Nation pour soutenir les grévistes de Multipro Ménilmontant, vendredi 7 mai 2010. Photo : B. Bonne

Environ 150 personnes se sont rassemblées place de la Nation pour soutenir les grévistes de Multipro Ménilmontant, vendredi 7 mai 2010. Photo : B. Bonne

Un nouveau rassemblement

150 personnes ont tout de même répondu à l’appel au rassemblement place de la Nation, le 7 mai 2010, organisé par Solidaires. Élus, syndicalistes ou simples passants, beaucoup sont venus dénoncer les méthodes violentes utilisées par ce patron pour repousser les actions hebdomadaires des grévistes.

Mi-avril, une altercation avait opposée les deux parties. Thierry Belhassen serait alors allé jusqu’à qualifier de « terroristes » et de « fascistes » plusieurs élus, venus en soutien ce jour-là. Ces derniers ont ajouté leur plainte à celles déjà déposées suite à une précédente altercation. Éric Coquerel, élu du Parti de Gauche au conseil régional d’Ile-de-France, a déploré vendredi le fait que cette lutte soit devenue, malgré elle, « emblématique » espérant que « les plaintes déposées trouveront rapidement suite.»

D’autres, à l’image de Mohamad Gassama, conseiller du 20e arrondissement adjoint à Frédérique Calandra, ont réaffirmé leur soutien aux 32 grévistes. En rappelant que depuis le début du conflit, « une aide logistique, principalement alimentaire », est apportée par les élus du quartier de Ménilmontant. Face à ce « no man’s land de régularisations, a-t-il ajouté, il est primordial de continuer à mettre la pression sur la Préfecture et la mairie de Paris. »

Depuis le début du mouvement, 8 grévistes sur 32 ont obtenu des Cerfa*, par le biais d’autres agences d’intérim. Une lueur d’espoir pour eux. Pour Sylvain, membre du comité de soutien du 20e, c’est ce genre de choses qui permettent de préserver un peu de volonté et de penser que « en ces temps  de printemps, il est hors de question que ce soit l’hiver d’un mouvement qui dure depuis trop longtemps. »

*Formulaire délivré par l’employeur, qui sert de première étape vers une régularisation