Lueur d’espoir au fond de l’impasse pour les Multipro de Ménilmontant 19/04/10

Lueur d’espoir au fond de l’impasse pour les Multipro de Ménilmontant

L'intervention de la police a une nouvelle fois permis d'éviter le pire devant l'agence Multipro du boulevard Voltaire. Photo : B. Bonne

L'intervention de la police a une nouvelle fois permis d'éviter le pire devant l'agence Multipro du boulevard Voltaire, vendredi 16 avril. Photo : B. Bonne

Qu’est-ce qui vous permet encore de tenir ? A cette question, les travailleurs sans-papiers de Multipro Ménilmontant ont parfois bien du mal à répondre. En grève depuis le 23 octobre 2009, ils n’ont toujours pas obtenu de rendez-vous pour négocier avec leur ancien employeur, Thierry Belhassen, directeur d’agences Multipro dans le 20e et le 11e arrondissement de Paris.

La violence pour toute réponse

Des nouvelles journées de mobilisation ont pourtant été organisées, jeudi 15 avril et vendredi 16 avril 2010 pour les plus récentes, mais rien n’y fait. Les grévistes de Multipro sont dans l’impasse.

Vendredi, après six heures passées à manifester devant l’agence Multipro de la rue des immeubles industriels (dans le 11e), les travailleurs et leur collectif de soutien ont une fois encore fait face à l’agressivité de leur ancien patron devant l’agence du boulevard Voltaire, située à quelques dizaines de mètres. « Comme il y a deux mois, nous nous sommes fait agresser par le directeur d’agence, son père et trois de ses amis, explique le délégué syndical de Solidaires Sébastien Chatillon, heureusement, les forces de l’ordre sont intervenues. » En plus des coups, des menaces auraient été « balancées », affirme le syndicaliste. « Je me suis fait insulter et ils m’ont promis qu’ils allaient me crever, je vais aller porter plainte pour menace de mort dès la fin de la mobilisation. »

Sur les 32 travailleurs grévistes de Multipro Ménilmontant, quatre ont obtenu un Cerfa à ce jour. Photo : B. Bonne

Sur les 32 travailleurs grévistes de Multipro Ménilmontant, quatre ont obtenu un Cerfa à ce jour. Photo : B. Bonne

Premières ou dernières négociations

Pourtant, des signes de détente laissaient entrevoir une issue possible depuis quelques semaines. Pour la première fois, Sébastien Chatillon était parvenu à entrer en contact avec la gérante de Multipro. Pour les travailleurs en grève, cette première entrevue d’une heure avait fait naître l’espoir de futures négociations. Avec cette nouvelle altercation, les chances s’amenuisent. Reste une possibilité. Que les donneurs d’ordres qui ont embauché des sans-papiers sur leurs chantiers par le biais de Multipro mettent la pression sur l’agence d’intérim pour qu’elle délivre des Cerfa. C’est dans cette direction que les efforts du collectif de soutien vont se diriger désormais.

Un espoir…

Récemment, quatre des 32 travailleurs en grève ont finalement obtenu leur Cerfa, en passant par d’autres agences d’intérim du 11e et du 10e arrondissement. De quoi redonner un peu d’espoir aux 28 grévistes qui occupent depuis plus de 150 jours l’agence Multipro de Ménilmontant. Leur situation reste néanmoins critique puisqu’elle ne leur permet pas de prétendre à la moindre allocation, et ce malgré les cotisations dont ils se sont acquittés lorsqu’ils travaillaient pour l’entreprise d’intérim. « Personne ne va craquer », affirmait l’un des grévistes vendredi 16 avril, bien décidé à « ne rien lâcher tant qu’il n’y aura pas eu de vraies négociations ».

Patrick Bloche, maire du 11e aurait assuré au collectif de soutien qu’il prendrait le relai de l’aide alimentaire dont les grévistes bénéficient. Jusqu’à maintenant, la mairie du 20e arrondissement s’en chargeait.

75011 Paris, France

Multipro – 235, boulevard Voltaire, 75020 Paris