LIFA vs Sans Issue, La Bellevilloise s’éprend pour l’impro
Transats, chaises et hamacs sont presque tous occupés au plateau loft de la Bellevilloise, ce mercredi 2 septembre. Au programme de la soirée : 4×4 d’improvisation. Sur des thèmes donnés par les spectateurs, chaque équipe doit improviser de manière simultanée en collaboration, ou successivement de manière comparée. 20 secondes de réflexion et 3 minutes d’interprétation plus tard, le public rend son verdict par un vote avant de choisir un nouveau thème.
René des Musclés
Alors que le bourdonnement des discussions bruisse encore, les lumières s’estompent et une musique de stade retentit. Un jeune homme en polo à rayures noires et blanches monte sur scène pour chauffer la salle. Face à la réaction un peu molle du public, il ne perd pas contenance et le prend aussitôt à partie. «C’est quoi cette entrée ! Vous allez m’accueillir comme si j’étais un chanteur mort depuis quelques jours mais qui revient devant Bercy rempli à craquer, comme si j’étais René des Musclés !» Le ton est donné.
L’arbitre recommence son entrée, cette fois sous des applaudissements nourris. Montent ensuite la LIFA (Ligue d’improvisation française amateur) et les Sans Issue, les deux équipes de joueurs (pour reprendre le terme employé par le gardien du sifflet) qui s’affrontent ce soir. C’est bien de théâtre qu’il s’agit. Mais les planches ont plus d’un point commun avec un ring.
Copulation verticale
Parmi les thèmes qui rythment les rounds, certains sont relativement sobres : impulsion, le handicap, se faire des cheveux blancs. Mais d’autres, plus excentriques : Tic et Tac dévorent une tartine (à la manière d’un péplum), alopécie (terme médical désignant la perte de cheveux).
Entre autres interprétations marquantes, on retient l’impro totem, au cours de laquelle un spectateur est désigné pour monter sur scène et doit adopter une posture sans esquisser le moindre mouvement. Chaque équipe rivalise ensuite d’imagination pour improviser autour de cette statue humaine.
Un joueur se colle derrière et lui prend les bras pour lui apprendre le surf, non sans glisser au passage quelques allusions lubriques. Un autre vient y mimer un soulagement de vessie. Une troisième, une copulation verticale trop ardue. A l’issue de cette compétition serrée, les joueurs de la LIFA ressortent vainqueurs, même si la victoire n’est qu’accessoire. Un mot se dessine sur les lèvres de l’auditoire : encore !











