« Comme une Résonnance » aux Enfants terribles

Six acteurs incarnent dix-sept personnages sur scène. Photo : DR

Six acteurs incarnent dix-sept personnages sur scène. Photo : DR

Après de longs mois de préparation, Virginie Paoli a eu le plaisir de voir sa pièce Comme une Résonnance jouée pour la première fois, début mars, devant une cinquantaine de personnes dans le théâtre intimiste Les Enfants terribles, rue Pelleport.

Centre de repos

L’histoire se déroule dans un centre de repos (maison de soin pour personnes souffrant de légers troubles mentaux) du Nord de la France, à Bouvignies. On y voit évoluer les personnages, essentiellement féminins, participant à la vie du centre : Alicia, la dame de l’accueil, Jules et Julie, frère et sœur mais Jules l’ignore, Mireille, la directrice, Louise, la gardienne…

Ils se prêtent au jeu de l’amour et à ses expressions très personnelles. Tantôt par des lettres enflammées, tantôt en rêves et en fantasmes. En somme, l’intrigue est centrée sur les sentiments et sur la manière de les exprimer ou de les taire. Quand la gardienne aime par courrier anonyme, la directrice, elle, aime en rêve, tandis que Jules et Julie s’aiment comme des enfants ou, peut-être, fraternellement.

Pour une première pièce, Virginie Paoli, créatrice du texte et de la mise en scène, s’en sort plutôt bien. Les acteurs sont talentueux et tiennent leurs différents rôles admirablement. Au total six comédiens se démènent sur scène pour jouer dix-sept personnages. La différenciation est claire entre les caractères, certains donnant dans le comique, d’autres exprimant plutôt la fragilité. Mention spéciale à Géraldine Brandao-Vandercammen, parfaite dans le rôle de Mireille, directrice à la poigne de fer fantasmant sur un ex-interne élégant.

Photo : DR

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Histoires entremêlées

Entre chaque scène, une oratrice-narratrice intervient et plante le décor, introduisant les situations de manière poétique. Néanmoins, cet artifice souffre de l’accent espagnol de la narratrice, certes sensuel mais pas toujours compréhensible en raison du débit rapide que le texte exige. Malgré ses talents d’actrice, on se retrouve un peu déçu de ne pas totalement saisir les mises en contexte nécessaires à la bonne compréhension de certaines scènes. Particulièrement dans la dernière qu’elle interprète seule.

Cette comédie, loin d’être inintéressante,  laisse néanmoins l’auditoire sur sa faim sitôt le rideau tombé. Le spectateur a découvert certains secrets que les personnages ne sauront jamais. Une fois la pièce terminée l’impression reste qu’on nous a présenté des tranches de vie dont le dénouement manque. Les personnages ne se rendent pas compte que leurs différentes histoires s’entremêlent et cela fait défaut. Dommage car la pièce est bien rythmée, passant de scènes philosophiques, calmes, à d’autres humoristiques, plus animées.

Comme une Résonnance,au théâtre Les Enfants terribles
jusqu’au 12 mars puis du 14 au 23 avril et du 5 au 29 mai, à 20h

Une production de la Compagnie Plein Nord.
Texte et mise en scène de Virginie Paoli assistée d’Elisa Millot.
Avec Ana Belen Navares, Géraldine Brandao-Vandercammen, Amandine Montecchio, Delphine Rengnez, Sigrid Mettetal et Stéphane Otéro
Musique : Jean-François Paoli
Costumes : Virginie Stucki
Scénographie : Mathieu Béguier
Lumières : Jérémy Riou

Tarifs :
14 euros (plein tarif),  11 euros (tarif réduit)

Réservations :
01 46 36 19 66

75020 Paris, France

Théâtre Les Enfants Terribles – 157, rue Pelleport , 75020 Paris