Bobines sociales : résistances, entre réalité et frictions
Agriculture, travail et psychiatrie au programme de la 7e édition du festival des Bobines sociales qui se tiendra du lundi 25 au dimanche 31 janvier 2010. Les films seront principalement projetés au Studio de l’Ermitage – du 29 au 31 janvier – mais aussi en d’autres lieux du 20e arrondissement, de Montreuil et des Lilas pour les Soirées Hors les murs, accessibles gratuitement du 25 au 28 janvier.
Les questions de la toxicité des sols, de la perversité des modes de management et du traitement politique et social de la folie, entre autres, seront débattues au travers de documentaires. Pour y voir plus clair, des débats réunissant militants, chercheurs et professionnels du secteur viendront ponctuer les projections.
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Festival des Bobines Sociales : sélection au Studio de l’Ermitage
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Vendredi 29 janvier :
– 17h : Le premier reportage proposé à l’Ermitage – Managers, encore un effort (Bernard Bloch) - traitera de la situation des « malades du travail » en décrivant la situation des managers dans l’entreprise moderne, à la fois complices et victimes du système organisationnel. En 1993 déjà, Vincent de Gaulejac abordait la question pour la revue Catholica : « Dans ce système, c’est l’imaginaire de l’individu qui devient objet de management. Il y a alors un lien étroit entre le fonctionnement psychique de l’individu (…) et le fonctionnement de l’organisation. (…). Lorsque vous vous identifiez à une entité performante, toute-puissante, c’est votre narcissisme qui se gonfle, c’est vous-même qui êtes devenu quelqu’un d’important et de tout-puissant. Mais si ce lien offre beaucoup de plaisirs, il nourrit aussi beaucoup d’angoisses. »
- 20h : Autre exemple avec La mise à mort du travail, de Jean Robert Viallet : le réalisateur y traite du problème de l’aliénation, c’est-à-dire du sentiment de dépossession de soi qui naît de la séparation radicale entre la conception et l’exécution des tâches. Ce film sera d’ailleurs l’occasion d’un débat avec Jean Robert Viallet, Frédéric Lordon (économiste) et Marie-Anne Dujarier, sociologue du travail.
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- Samedi 30 janvier :
– 11h30 : C’est la situation précaire des sans-papiers maîtres-chiens pour un sous-traitant de la SNCF ou travailleurs sur le chantier du tramway parisien qui sera abordée. Avec en filigrane la dénonciation d’une situation insoutenable tant du point de vue des conditions de travail que du point de vue moral.
Une rétrospective de l’histoire du Parti communiste français depuis le Front Populaire sera ensuite l’occasion de revenir sur les luttes sociales et les grands événements qui ont marqué le parti tout au long du 20e siècle.
- 14h : Point de vue international, la Colombie entre en scène avec deux films présentant les exactions commises par l’Etat et la violence qui gangrène le pays. Quelles en sont les conséquences sociales ? Et quel sort pour ces millions d’individus fuyant sur les routes ? Après les projections, place au débat : la sociologue Olga L. Gonzalez, professeure à Paris VII et présidente du groupe Actualités Colombie, sera chargée d’éclairer les spectateurs et de lever les dernières interrogations.
Dans un autre genre, la diffusion du film La grippe du « laisser faire » (Arthur Rifflet) en fin de journée, sera l’occasion de revenir sur le cas du groupe Granjas Caroll, qui serait à l’origine de la pandémie de grippe au Mexique. Si les premiers décès ont eu lieu dans un périmètre très proche de l’entreprise, l’affaire n’a fait aucun bruit. Pourquoi ce silence ? Est-il lié à des lobbies ? Collusion entre le pouvoir politique et les entreprises, agriculture intensive, rôle des scientifiques, l’Ermitage nous invite à une plongée dans les eaux troubles du secteur agricole.
- 19h : Le thème de l’autogestion viendra clore les débats en ébauchant quelques solutions aux problèmes évoqués. Le film Autogestion, démocratie en action (Marina Galimberti) se penchera sur le cas d’un lycée parisien autogéré.
- 22h : Les Eth, groupe de musiciens inspirés de l’afro-beat nigérian, monteront alors sur scène pour parachever cette journée du samedi qui s’annonce comme étant le point culminant du festival.
Dimanche 31 janvier :
- 11h30 et 14h : La folie s’invite dans les débats, à travers une analyse historique, sociale et politique de son traitement au cours du 20e siècle (Histoire autour de la folie, Paule Muxel et Bertrand de Solliers, en deux partie).
- 16h30 : Les travailleurs migrants, leurs conditions de vie et le choc consécutif à ce qu’Abdelmalek Sayad nomme le déracinement (Les foyers des travailleurs migrants des années 1970 à aujourd’hui, par Marcel Trillat et Frédéric Variot)
Soirées hors les murs
Biographies populaires, utopies réalistes et marginaux seront à l’honneur de cette sorte de festival « off ». Il se tiendra du 25 au 28 janvier, dans le 20e, au local de l’association Autremonde (30, rue de la Mare) et au café-restaurant Le Lieu-dit (6, rue Sorbier), mais aussi à Montreuil à l’atelier Coriandre (86, rue Gaston Lauriau – M° Mairie de Montreuil, ligne 9), ainsi qu’au Lilas à l’espace Khiasma (15, rue Chassagnolle – M° Porte de Lilas ou Mairie des Lilas, ligne 11).
Programmation complète, adresses, résumés et horaires :
Tarifs : Entrée libre pour les Soirées Hors les murs. Pour le studio de l’Ermitage : 2 € les 2 séances, 8 € la journée, 15 € le passe de trois jours, 8 € la soirée du samedi (à partir de 19h, film + concert) et 5 € le concert.










