Sommes-nous seuls dans l’Univers ? Début de réponse au Carré de Baudouin 20/01/10

Sommes-nous seuls dans l’Univers ? Début de réponse au Carré de Baudouin

La Terre, seul lieu de l'univers abritant la vie en l'état actuel des connaissances de l'Homme. Photo : NASA GSFC Earth Observatory / FETTU

La Terre, seul lieu de l'univers abritant la vie en l'état actuel des connaissances de l'Homme. Photo : NASA GSFC Earth Observatory / FETTU

La vie existe-t-elle ailleurs que sur Terre ? Impossible de répondre à cette question faute de preuves concrètes pour infirmer ou confirmer, mais le débat ne manque pas de pertinence et tous les fantasmes sont permis.

C’est pour apporter un cadre à cette réflexion que Danielle Briot, astronome à l’Observatoire de Paris, a tenu une conférence samedi 16 janvier au Pavillon Carré de Baudouin, dans le cadre de l’exposition Univers au Carré qui s’y déroule jusqu’au 30 janvier.

Les canaux de Mars

Dans l’auditorium du pavillon, une vingtaine de personnes étaient venues prêter l’oreille pour alimenter leur imagination. La question d’une vie extraterrestre est excitante, à tel point que toutes les théories sont possibles, de la plus folle à la plus sceptique. Danielle Briot a tenu à recadrer le débat, fermant des portes mais en en ouvrant peut-être encore plus.

La recherche de la vie dans l’univers relève autant de la philosophie que de l’astrophysique, et les questions soulevées ne datent pas d’hier. De Démocrite à Descartes en passant par Platon et Copernic, l’univers fascine depuis toujours. Les moyens techniques actuels permettent d’affiner les recherches et les anciennes gravures représentant Vénus et sa forêt luxuriante font maintenant sourire. Tout comme l’affaire des « canaux de Mars » de Lowell, encore présente dans les esprits de la communauté scientifique.

Danielle Briot raconte qu’à la fin du XIXe siècle, ce millionnaire américain féru de sciences se lança dans l’observation de Mars depuis son propre observatoire. Il découvrit des structures rectilignes courant sur la surface de la planète. L’explication était claire : il y a une vie civilisée martienne. Cette théorie devenue très populaire par la suite, attendra 1976 pour être démentie. C’est la sonde Viking qui, lorsqu’elle se posa sur le sol de la planète rouge, ne révéla qu’un vaste désert stérile. Si il y a une vie ici, elle ne peut être qu’à l’état primitif, sous forme de bactéries par exemple. Et il faudrait y envoyer une mission habitée pour le confirmer. Ouf ! On peut encore espérer découvrir des « petits hommes verts »,  aussi microscopiques soient-ils, à quelques années de voyage de notre planète bleue.

Au-delà de notre système solaire

De façon générale, Danielle Briot affirme qu’il n’y a pas d’autre vie, du moins civilisée, dans notre système solaire. Mais pour ce qui est du reste de l’univers, rien ne dément ni ne confirme l’absence de vie. Un certain Frank Drake a même élaboré une équation très sérieuse pour calculer la probabilité d’une vie extraterrestre. Selon cette équation, l’existence des petits hommes verts est vraisemblable. Mais le scepticisme est dans toutes les têtes : si il existe une vie extraterrestre civilisée pourquoi ne l’avons-nous pas déjà rencontrée ?

Danielle Briot expose diverses hypothèses pour y répondre : « Soit les extraterrestres existent bel et bien et ils ne veulent tout simplement pas rentrer en contact avec nous, soit ils n’ont pas la capacité technique de le faire, ou alors ils n’existent pas ». Autrement dit : « On n’est pas beaucoup plus avancé ». Alors que faire ?

Un disque d’or pour E.T.

L’astronome estime que « communiquer est aujourd’hui l’alternative la plus rationnelle ». Ne pouvant pas les trouver, il faut espérer qu’ils nous trouvent. C’est dans cette logique que la sonde Pioneer a été envoyée dans l’espace en 1972, porteuse d’un message au nom de l’humanité. La célèbre plaque de Pioneer renferme la description de notre monde afin que les aliens puissent prendre connaissance de notre civilisation. Ironie du sort, le message est gravé sur un disque d’or pour pouvoir être lu par un tourne-disque. A l’heure du DVD et du téléchargement, il faut espérer qu’E.T. soit toujours un inconditionnel des bonnes vieilles platines. Mais l’intention y est…

D’autres initiatives ont été lancées pour tenter de nous faire entendre dans l’univers. A ce jour pas de réponse. Mais comme le dit Danielle Briot pour conclure la conférence, une question demeure : « Sommes-nous vraiment seuls dans l’univers ? »

Conférences à venir au Pavillon Carré de Baudouin (Entrée libre) :
– Samedi 23 janvier à 15h, Les étoiles doubles de Ptolémée à nos jours, par Edgar Soulié de la Société astronomique de France.
– Samedi 30 janvier à 15h, L’héritage du téléscope spatial Hubble, par Olivier Marco de l’Observatoire de Paris.

Avant chaque conférence (à 14h30), La Compagnie de théâtre Sigma présente des extraits de textes, choisis parmi les grands auteurs de l’astronomie (H. Reeves, C. Flammarion, J.P. Luminet).

75020 Paris, France

Pavillon Carré de Baudouin, 121 rue de Ménilmontant, 75020 Paris