Marcel Storr : un balayeur devenu créateur au pavillon Carré de Baudouin 25/01/12

Marcel Storr : un balayeur devenu créateur au pavillon Carré de Baudouin

Jusqu’au 10 mars 2012, le pavillon Carré de Baudouin accueille une exposition consacrée à Marcel Storr. Balayeur de profession, il était aussi dessinateur à ses heures perdues. Son thème de prédilection : des architectures fictives et colossales.

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Au pavillon Carré de Baudouin, le gigantisme des bâtiments imaginés par Marcel Storr est saisissant. Photo : F. Rieunier

Vues sur l’écran d’un ordinateur, les œuvres de Marcel Storr ne sont pas forcément des plus attirantes. Foisonnant de détails, elles donnent parfois l’impression de canevas informes et fades. Leurs reproductions (agrandies) exposées au pavillon Carré de Baudouin ne produisent pas le même effet. L’immensité de ces structures imaginaires et la précision apportée aux différentes compositions sont frappantes. Une certaine luminosité se dégage de plusieurs d’entre elles et séduisent le regard. Et l’histoire de l’homme ajoute un supplément d’âme à ces représentation.

Mort en 1976*, Marcel Storr n’a vu (si l’on peut dire) son travail reconnu qu’après sa disparition. Balayeur au bois de Boulogne, il se consacrait au dessin durant ses heures de loisirs. Ses œuvres sont consacrées exclusivement à des bâtiments imaginaires. D’abord inspirés de l’architecture des cathédrales, ceux-ci flirtent avec la science-fiction à partir du milieu des années 1960. Des réseaux de mégapoles voient alors le jour dans ses dessins. Des tours démesurées s’y dressent vers le ciel, entourées de dômes imposants.

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L'exposition souligne la luminosité des dessins de l'artiste. Photo : F. Rieunier

Autodidacte

C’est par la persévérance d’un couple d’amateurs d’art avec qui il s’était lié d’amitié (Liliane et Bertrand Kempf) que le travail de l’artiste a été révélé. De nature méfiante, Marcel Storr a longtemps refusé de montrer ses créations.

Abandonné enfant, il est devenu sourd à force d’être battu par ses familles d’accueil et n’a jamais été initié au monde de l’art. Il s’est intéressé de manière autonome au dessin, produisant, sans le savoir, une œuvre qui allait plus tard être rattachée à l’art brut.

Qu’est-ce que l’art brut ?

L’expression « art brut » désigne dans un premier temps les œuvres réalisées par des personnes atteintes de pathologies psychologiques. En 1945, le peintre Jean Dubuffet lui donne un sens plus large en ajoutant les productions réalisées de manière isolée par des personnes dépourvues de culture artistique. Il en rassembla de nombreux exemplaires, aujourd’hui présentés à travers la Collection de l’Art Brut – un musée suisse consacré à ce genre.

*Et non en 1971, comme indiqué par erreur précédemment.

Frédéric Rieunier

Exposition Marcel Storr, bâtisseur visionnaire, prolongée jusqu’au 31 mars 2012 au pavillon Carré de Baudouin, 121, rue de Ménilmontant

Horaires
Du mardi au samedi de 11h à 18h

Dans le cadre de l’exposition, un mini festival de courts métrages sur le thème « Architectures du rêve » est organisé samedi 28 janvier 2012 à 15h.

121, rue de Ménilmontant, 75020 Paris, France

Pavillon Carré de Baudouin – 121, rue de Ménilmontant, 75020 Paris