La Princesse et la grenouille en quête d’originalité au Mk2 Gambetta

Un conte de fée qui renoue avec la beauté des dessins animés d'antan. Photo : Walt Disney Studios Motion Pictures France
« Renouer avec l’époque des grands classiques dessinés à la main », c’est l’ambition affichée par les studios Disney pour leur dernière création. A l’opposé des productions 3D de Pixar ! La Princesse et la grenouille marque le retour de Disney à la recette qui a fait son succès depuis la sortie de Blanche-Neige et les sept nains en 1937. Au programme donc : de belles images colorées, des personnages attachants, des séquences chantées entraînantes, de l’aventure, de l’humour et de l’émotion.
Ça parle de côa ?
L’histoire de Tiana, jeune et jolie serveuse qui se démène pour réaliser le rêve de son défunt père, offre effectivement matière à tous ces ingrédients. Sur le point d’acheter son propre restaurant, elle se retrouve transformée en grenouille après avoir embrassé un prince, également changé en batracien par un sorcier tout ce qu’il y a de vilain. Tous les deux vont alors devoir surmonter les dangers du Bayou (région marécageuse du sud de la Louisiane) pour retrouver forme humaine.
Une épopée qui mettra des personnages cocasses sur leur chemin, tels Louis, le crocodile féru de jazz, et Ray, la luciole à l’accent cajun. L’aventure donnera aussi lieu à de magnifiques séquences animées, comme cette virée au clair de lune dans le Bayou éclairée par des centaines de lucioles. Sans oublier l’histoire d’amour, sans laquelle un Disney ne serait pas un Disney. Le contrat est donc rempli et les enfants (à partir de 4 ans) apprécient.

Le Princesse et la grenouille s'inspire du folklore jazz de La Nouvelle-Orléans. Photo : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Ambiance jazzy
Les adultes, eux, se réjouiront davantage du choix audacieux de situer l’action dans le folklore jazz et vaudou de La Nouvelle-Orléans des Années folles. Cette originalité conduit d’ailleurs à une agréable séquence au graphisme plus sophistiqué, style Art déco, lorsque Tiana imagine l’inauguration de son futur restaurant.
En dehors de cette singularité, le film se contente malheureusement de recycler les ingrédients traditionnels de Disney sans en renouveler l’intérêt. Même l’événement créé par l’arrivée de la première héroïne noire de l’histoire de Disney fait figure de pétard mouillé. Sa métamorphose en grenouille permet en effet d’évacuer bien vite la question de sa couleur de peau. La morale de l’histoire sent également le réchauffé, puisqu’elle ne fait rien de moins que de conforter les petites filles d’aujourd’hui dans la quête éternelle du prince Charmant.
Graphisme éculé

Le nouveau méchant de Disney ressemble trait pour trait à Jafar dans Aladdin. Photo : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Sur la forme, le graphisme de certains personnages semble calqué sur celui d’autres héros de précédents dessins animés Disney. Le maître vaudou Facilier ressemble ainsi trait pour trait au méchant vizir Jafar d’Aladdin, tandis que le Prince Naveen n’est pas sans rappeler la capitaine John Smith de Pocahontas et Louis le crocodile, les reptiles des Aventures de Bernard et Bianca. Ce dernier film ayant d’ailleurs pour cadre principal un bayou surnommé le Bayou du Diable.
Dernière critique, mais non des moindres, les chansons ne risquent guère de devenir des classiques puisque les paroles sont si mal articulées qu’elles en deviennent difficilement compréhensibles. En résumé, La Princesse et la grenouille signe un retour peu convaincant au dessin animé d’antan.
La Princesse et la grenouille, de Ron Clements et John Musker (1h37). Sortie le 27 janvier 2010
Avec China Moses, Anika Noni Rose, Liane Foly.
Au Mk2 Gambetta, tous les jours en VF à 12h55, 15h05, 17h25 et en VO à 19h45 et 22h. Séance supplémentaire en VF les mercredis, samedis et dimanches à 10h40.











