A serious man au Mk2 Gambetta : on en reste perplexe 29/01/10

A serious man au Mk2 Gambetta : on en reste perplexe


Une famille, une maison, un travail : Larry Gopnik semble avoir tout pour être heureux. Une situation bousculée par un étourdissant amoncellement de problèmes. Photo : STUDIOCANAL 2008

Une famille, une maison, un travail : Larry Gopnik semble avoir tout pour être heureux. Une situation bousculée par un étourdissant amoncellement de problèmes. Photo : STUDIOCANAL 2008

Du point de vue de son frère, Larry Gopnik est un homme chanceux. Il a une maison, un travail, une famille… Oui, mais voilà, sa femme veut divorcer, un de ses étudiants le harcèle, sa titularisation est contrariée, son fils rencontre des problèmes de discipline, son frère inadapté dort sur le canapé, son voisin empiète sur son terrain. Bref, les problèmes s’amoncellent et c’est justement de cette accumulation de malheurs que les frères Coen cherchent à nous faire rire. Certaines situations plus absurdes que d’autres, telle cette conversation téléphonique surréaliste à propos de disques payants envoyés gratuitement, prêtent en effet à sourire. Cependant, la plupart du temps, on se dit surtout qu’on n’aimerait guère être à la place du personnage principal. D’autant que ce traitement sadique s’avère réservé à « un homme sérieux », vertueux, dont les réalisateurs ne font que tester la capacité à endurer les vicissitudes.

Avec "A Serious Man", les frères Coen proposent une morale cruelle et tragique. Photo : STUDIOCANAL 2008

Avec "A Serious Man", les frères Coen proposent une morale cruelle et tragique. Photo : STUDIOCANAL 2008

Sarcasme et cruauté

Les discours équivoques des rabbins, seul recours envisagé à toutes ses difficultés, se contentent ainsi de le renvoyer au fameux principe d’incertitude qu’il enseigne à ses étudiants. Confronté à l’impossibilité de trouver un sens à ses malheurs, l’universitaire n’a pas d’autre choix que d’assumer. Une morale cruelle et tragique, à l’image du prologue du film sous forme de petit conte folklorique yiddish tout aussi déroutant.

Les frères Coen en profitent au passage pour nous livrer une vision des plus sarcastiques de la communauté juive de leur enfance, installée dans une banlieue résidentielle typique du Midwest. Moquant notamment les vieilles figures d’autorité du judaïsme orthodoxe et le pouvoir que les fidèles veulent bien leur donner, ils finissent par noyer sous les références trop abondantes à la culture yiddish les spectateurs qui en sont peu familiers. La mise en scène parfaitement maîtrisée et la galerie de personnages cocasses, idéalement interprétés, ne suffisent plus dès lors pour empêcher le film de s’essouffler.

A serious man, de Joel et Ethan Coen (1h45).
Sortie le 20 janvier 2010
avec Michael Stuhlbarg, Sari Lennick, Richard Kind.

Au Mk2 Gambetta, tous les jours à 13h10, 15h25, 17h40, 19h55 et 22h10. Séance supplémentaire les mercredis, samedis et dimanches à 10h55.

 

75020 Paris, France

MK2 Gambetta, 6, rue Belgrand, 75020 Paris