Tetro : une histoire de famille réinventée, au Mk2 Gambetta
« Il ne peut y avoir qu’un seul génie dans la famille ! », assène le père, chef d’orchestre renommé, à son fils qui lui fait part de ses envies de littérature. Dans Tetro, Francis Ford Coppola, parfaite incarnation du patriarche à la vie comme à l’écran, en appelle non sans humour au parricide. Un message adressé à ses enfants, également cinéastes, Roman et Sofia ? Le réalisateur ne semble pourtant pas prêt de se laisser enterrer. En renouant avec la thématique de la rivalité familiale qui traverse son œuvre (Rusty James, la trilogie du Parrain), il nous offre son film le plus personnel depuis longtemps.
Une nouvelle liberté dans la mise en scène
Bennie, 17 ans, avide de renouer avec son frère Tetro, artiste maudit, se rend à Buenos Aires afin de découvrir les raisons qui ont poussé ce dernier à fuir leur paternel despotique et musicien illustre. Une histoire teintée d’éléments autobiographiques puisque le propre père du cinéaste, Carmine Coppola, fut un compositeur et flûtiste de talent. Le scénario parvient à entretenir le mystère autour du terrible secret à l’origine de l’implosion familiale jusqu’au bout, malgré quelques baisses de tension.
Vincent Gallo, Alden Ehrenreich (le nouveau Brando) et Maribel Verdu incarnent leur personnage à la perfection. Certainement aidés par la mise en scène du maestro Coppola qui atteint là un sommet de son art. Dès les premières minutes, on est subjugué par l’utilisation d’un somptueux noir et blanc, bientôt ponctué de flash-back oniriques et colorés empreints d’une grande liberté. Qu’on se le dise, le patriarche du cinéma hollywoodien est encore capable de se réinventer.
Tetro, de Francis Ford Coppola (2h07). Sortie le 23 décembre 2009
avec Vincent Gallo, Alden Ehrenreich, Maribel Verdu.
Au Mk2 Gambetta, tous les jours à 13h30, 16h10, 18h55. Séance supplémentaire à 21H35 tous les jours sauf le jeudi et à 10h40 tous les jours sauf le vendredi.
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Photos : Alicia Schemper











