«The Descendants», George Clooney et bien plus au MK2 Gambetta

Comprendre ses enfants peut relever de la mission, quand on est un père distant et perdu. Photo : Twentieth Century Fox France.
Hawaï, la plage, George Clooney. Le tableau est idyllique. Un playboy sous le soleil au bord d’une mer d’un bleu magnifique, il y a de quoi faire rêver. Pourtant, le personnage principal de The Descendants préfère d’entrée de jeu prévenir le spectateur : sa vie ne ressemble en rien à de perpétuelles vacances et ses problèmes sont les mêmes que ceux du commun des mortels. Le réalisateur, Alexander Payne, a choisi ce cadre de carte postale pour raconter une histoire dure et touchante.
Tout commence quand la femme de Matt King (George Clooney, donc) est victime d’un accident de bateau. Grièvement blessée, elle se retrouve dans le coma et n’en a plus pour très longtemps à vivre. Notre héros va donc devoir s’occuper seul de ses filles de 10 et 17 ans. C’est un réapprentissage pour lui qui s’est éloigné d’elles au fil des années, trop pris par son travail. À cette première difficulté vient s’ajouter la nécessaire annonce du futur décès à ses proches. Pire, il va découvrir que sa femme le trompait. Avec ses enfants le voilà donc sur les routes de l’archipel à la recherche de l’amant.
Le contraste entre le lieu et la situation permet des situations cocasses et amusantes, comme cette course dramatique, mais en sandales, du héros après la révélation de l’infidélité de son épouse. Ou plutôt de l’anti-héros. Enrobé, avec ses chemises à fleurs grotesques, George Clooney est plongé dans la banalité de ce père et mari à la dérive. Sa performance est en tous points remarquable que ce soit dans l’émotion naturelle ou dans ses gestes et réactions comiques.

George Clooney et Shailene Woodley forment un duo remarquable. Photo : Twentieth Century Fox France.
Un portrait juste et tendre
Mais The Descendants n’est pas simplement son film. Ce n’est pas une œuvre qu’il porte à bout de bras. Il est notamment bien accompagné par Shailene Woodley qui interprète sa fille aînée. Cette dernière se révèle sur grand écran en jouant une ado au caractère bien trempé, bien plus profonde qu’elle ne le laisse paraître dans les premiers instants du long métrage. C’est là la force d’Alexander Payne. Le réalisateur dresse avec douceur et sans forcer les portraits de ses personnages complexes, intéressants et attachants. Il n’a pas besoin de tomber dans le larmoyant pour émouvoir.
Malgré quelques longueurs et des passages convenus, The Descendants fontionne grâce à la justesse de son ton. On est pris dans ce touchant voyage, bien emmené par une bande originale qui colle parfaitement au scénario. On rit aussi des conflits générationnels que le drame impose.
The Descendants est un film sur la famille, proche et éloignée, sur l’héritage que l’on reçoit de ses aïeuls, sur ce bout de terre qui appartient au héros et que des investisseurs veulent transformer. C’est une peinture des relations humaines et des choses qui importent. Le tout est réuni dans un mélange d’humour et de sincérité. Un cocktail qui se savoure avec plaisir.
Yann Riou
The Descendants, d’Alexander Payne (1h50). Sorti le 25 janvier 2012.
Avec George Clooney, Shailene Woodley, Amara Miller.
Au MK2 Gambetta – 6, rue Belgrand, 75020 Paris
Tous les jours en V.O. à 13h, 15h15, 17h30, 19h45, 22h.
Séance supplémentaire à 10h35 samedi et dimanche.










