« Green Zone » : un film d’action engagé au Mk2 Gambetta 16/04/10

« Green Zone » : un film d’action engagé au Mk2 Gambetta

Un film d'action sur fond de conflit irakien. Photo : StudioCanal

Un film d'action sur fond de conflit irakien. Photo : StudioCanal

Après avoir sécurisé la zone et mis hors d’état de nuire un tireur embusqué, les hommes de l’adjudant-chef Roy Miller (Matt Damon, impeccable) pénètre enfin sur le site. Et retirent bien vite leurs masques à gaz parce que l’entrepôt s’avère… vide. Aucune arme de destruction massive à l’horizon. «C’est la troisième fois d’affilée !», se plaint Miller. Dès la scène d’ouverture, tout est dit.

Films réalistes et engagés

Dans Green Zone, Paul Greengrass semble enfoncer des portes ouvertes. Les mensonges de l’administration Bush pour légitimer l’invasion de l’Irak en 2003 sont aujourd’hui de notoriété publique. De même que les méthodes de torture utilisées afin de faire parler les prisonniers et le travail bâclé des journalistes qui ont relayé l’information sans la vérifier. La dénonciation de ces faits paraît donc facile, d’autant plus que le réalisateur se garde bien de citer nommément les responsables de ce fiasco ou de creuser la réalité humaine irakienne. Elle a toutefois le mérite d’exister et d’être accessible à un large public.

Maître incontesté du thriller d’action depuis sa participation à la saga Jason Bourne (La Mémoire dans la peau en 2002, La Mort dans la peau en 2004 et La Vengeance dans la peau en 2007), Paul Greengrass s’est aussi illustré admirablement dans des films réalistes et engagés avec Bloody Sunday en 2002, puis Vol 93 en 2006, des œuvres anxiogènes consacrées respectivement aux origines du conflit irlandais en 1972 et aux attentats du 11 septembre. Green Zone lui donne enfin l’occasion de concilier les deux.

Matt Damon porte le film sur ses épaules avec brio. Photo : StudioCanal

Matt Damon porte le film sur ses épaules avec brio. Photo : StudioCanal

Des scènes d’action efficaces

Côté thriller, le contrat est plus que rempli. Le film ne souffre d’aucun temps mort et contient son lot de rebondissements, de courses-poursuites et de combats. Le style typique du réalisateur (caméra à l’épaule et montage nerveux) fait alors preuve d’une redoutable efficacité.

Côté réalisme, le scénario pâtit des codes du genre. L’adjudant-chef Roy Miller va devoir se battre, seul contre tous, pour parvenir en un temps limité à faire éclater la vérité sur le complot de désinformation orchestré par l’administration.

Archétype du bon soldat, il n’hésite pas à se lancer à l’aveuglette, à abattre ceux qui se trouvent sur son chemin, mais s’en sort toujours sans une égratignure. Face à lui, des personnages secondaires guère plus subtils : un politicien manipulateur (Greg Kinnear), un responsable de la CIA lucide (Brendan Gleeson), un lieutenant brutal (Jason Isaacs), une journaliste avide de révélations (Amy Ryan) et un autochtone paniqué (Khalid Abdalla).

Tout entier tourné vers l’objectif à atteindre, le scénario ne s’embarrasse pas d’intrigues secondaires, souvent superflues. Le propos s’en trouve ainsi simplifié à l’extrême, mais comporte l’avantage de ne laisser personne sur le bord du chemin. Sous ses habits de blockbuster parfaitement maîtrisé, Green Zone atteint donc son but en rendant son discours politique lisible par tous. Le film ne manque pas d’ailleurs d’insister sur la nécessité d’impliquer le peuple irakien dans les décisions concernant le devenir de son pays. Un principe rappelé bien tard, mais qui reste toujours d’actualité.

Green Zone, de Paul Greengrass (1 h 55). Sortie le 14 avril 2010.
Avec Matt Damon, Greg Kinnear, Brendan Gleeson.

Au Mk2 Gambetta tous les jours à 12h50, 15h15, 17h30, 19h50, 22h10. Séance supplémentaire à partir de samedi à 10h35.


Mk2 Gambetta – 6, rue Belgrand, 75020 Paris