« L’Arnacœur » : humour et glamour au Mk2 Gambetta
Quelles soient françaises ou américaines, les comédies romantiques ne brillent pas par leur originalité. La plupart repose ainsi sur une vieille recette éculée : la rencontre fortuite entre une fille et un garçon, qui appartiennent généralement à des milieux sociaux que tout oppose.
Cet imprévu va bouleverser leur vie et donner lieu à de multiples rebondissements jusqu’à ce qu’ils réussissent enfin à s’avouer leur amour. L’Arnacœur n’échappe pas à cette facilité.
Romain Duris incarne Alex, un briseur de couples professionnel chargé de séduire des femmes enlisées dans une relation sentimentale qui les rend malheureuses. Sa technique bien rodée va se gripper lorsqu’il s’attaque au couple presque marié formé par Juliette, qu’interprète une Vanessa Paradis lumineuse, et Jonathan (joué par Andrew Lincoln).
Ni son sourire ultra bright, ni ses fausses larmes d’homme blessé ne produisent alors l’effet escompté. Et la situation va encore se corser avec l’arrivée de Sophie (Helena Noguerra), l’amie alcoolique de Juliette qui n’attendra pas longtemps avant de se jeter sur lui, littéralement.
Une comédie « cliché »
Évidemment, le futur marié est beau, riche et gentil, mais froid comme un glaçon au point de se demander comment fait sa fiancée pour résister au charme dévastateur d’Alex.
L’intrigue s’avère donc assez prévisible et elle n’est guère rattrapé par l’originalité du décor. Le côté bling bling de Monaco rappelant furieusement une autre comédie romantique récente, Hors de prix de Pierre Salvadori.
On peut aussi regretter son pré-générique misogyne, réduisant les femmes à de vulgaires nunuches promptes à se laisser embobiner par une flopée de clichés, ainsi que le concept développé dans tous les films du genre qui confond séduction avec mimétisme et oublie la puissance d’attraction de l’inconnu et de la nouveauté.
Deux duos réussis
Heureusement, l’alchimie du tandem Duris-Paradis sauve le premier long-métrage de Pascal Chaumeil en lui apportant l’indispensable touche de glamour.
L’humour s’appuie lui principalement sur le pouvoir comique du duo composé de Julie Ferrier et François Damiens, qui interprètent les deux complices un peu barrés d’Alex. Ces deux là impriment la pellicule sans en faire des tonnes.
La mise en scène soignée et parfaitement rythmée, le bel effet de patine visuelle, l’hommage inattendu et réussi à Dirty Dancing suffisent alors à réconcilier le spectateur avec le genre sinistré de la comédie romantique à la française.
L’Arnacœur, de Pascal Chaumeil (1h45). Sortie le 17 mars 2010.
Avec Romain Duris, Vanessa Paradis, Julie Ferrier, François Damiens, Helena Noguerra.
Au Mk2 Gambetta, tous les jours à 13h20, 15h30, 17h40, 20h, 22h10. Séance supplémentaire les mercredis, samedis et dimanches à 11h10.
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Mk2 Gambetta, 6 rue Belgrand, 75020 Paris













