Le Vingtième Théâtre modernise Molière 30/04/10

Le Vingtième Théâtre modernise Molière

Géronte (Cédric Tuffier) réclame les services de Sganarelle (Frédéric d'Elia) comme médecin pour soigner sa fille.

Géronte (Cédric Tuffier) réclame les services de Sganarelle (Frédéric d'Elia) comme médecin pour soigner sa fille. Photo : Katia Mader.

Adapter Molière à un contexte contemporain : voilà l’idée de David Friszman et Frédéric d’Elia qui ont appliqué ce traitement au Médecin malgré lui. Mercredi 28 avril 2010 avait lieu la première de la pièce au Vingtième Théâtre. Le résultat est cocasse, fidèle en cela à l’esprit de l’œuvre.

Penchant pour la bière

En 2010, Sganarelle (Frédéric d’Elia) est un petit dealer, vivant dans une cité HLM. Sa vie est minable, il ne fait rien, a un fort penchant pour la bière et bat sa femme, Martine (Aurélie Bargème), quand ça lui plaît. Mais cette dernière est décidée à lui faire payer la vie qu’il lui inflige.

Le jour où elle rencontre deux gros bras, Lucas et Valère (Arnaud Maudeux et David Friszman), qui cherchent un médecin pour la guérir la fille de leur patron (laquelle feint en réalité le mutisme), elle voit l’occasion de se venger. Martine convainc les flingueurs que Sganarelle est un génie de la médecine, mais qu’il ne l’avoue que sous les coups. Ils foncent tête baissée dans son piège et Sganarelle se retrouve propulsé médecin avec la tâche de soigner Luncinde (Maïa Guéritte).

Géronte (Cédric Tuffier), le père de cette dernière, est un producteur de cinéma riche, naïf et dangereux. Sa fille fait semblant d’avoir perdu la voix depuis que son géniteur veut la contraindre à épouser un riche trader. Une union qu’elle refuse puisqu’elle est amoureuse de Léandre (David Friszman), un jeune homme sans argent.

Argot de banlieue

Si l’adaptation moderne place les personnages dans un autre contexte, l’histoire reste la même et les dialogues sont pour la plupart fidèles à ceux écrits par Molière. Seuls Lucas et sa femme, interprétée par Aurélie Bargème, parlent dans un français contemporain et même en empruntant à l’argot de banlieue. « Dans la version originale de Molière ces deux personnages parlaient un patois difficile a comprendre. Alors on a eu l’idée de leur faire parler le langage des banlieues. D’ailleurs ce sont des jeunes de Villeneuve Le Roi qui ont traduit ces répliques-là avec leur façon de parler », explique David Friszman, co-metteur en scène de la pièce.

Martine en bimbo

Les caractéristiques des personnages elles-mêmes contrastent avec celles du texte original. Lucinde est gothique tout comme Léandre. Géronte est le stéréotype du caïd américain en peignoir léopard. Sganarelle est un petit malfrat de banlieue en marcel. Martine et la nourrice sont toutes deux des bimbos. Le résultat est drôle et cocasse. Pendant 1h20 le rire est au rendez-vous dans le public. Les comédiens tiennent admirablement leurs rôles. Le rythme est soutenu. Et on ressort de la salle avec le sourire aux lèvres et le sentiment d’avoir passé un bon moment.

Le médecin malgré lui au Vingtième Théâtre jusqu’au 20 juin 2010

Adaptation et mise en scène de David Friszman et Frédéric d’Elia
Avec Aurélie Bargème, Frédéric d’Elia, David Friszman, Maïa Guéritte, Arnaud Maudieux et Cédric Tuffier.
Costumes et chorégraphie : Matteo Porcus
Décors et lumières : Christophe Fouet
Son :  J.C. Dumoitier

Du mercredi au samedi à 19h30 et le dimanche à 15h.
Tarif plein : 24€ (19€ pour les groupes)
Tarif senior : 19€
Tarif étudiant : 12€
Spectacles jeune public : 8€ (5€ pour les groupes)
Matinées du jeudi : 10€

Le Vingtième Théâtre – 7, rue des Plâtrières, 75020, Paris