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Bertrand Beyern : rencontre avec le fils Lachaise

le 75020 .fr, journal web du 20eme arrondissement | Ecrit par frieunier on août 24th, 2009 | Rubrique: Figures de quartier. | Fil information du 20eme arrondissement par le flux RSS 2.0. du 75020 .fr

Suivez Bertrand Beyern et découvrez les "Mémoires d'entre-tombes" expliquées par un "enfant de la dalle".

Suivez Bertrand Beyern et découvrez les "Mémoires d'entre-tombes" expliquées par un "enfant de la dalle".

Peut-on tomber amoureux d’un cimetière ? Bertrand Beyern, qui arpente ceux de France et de Navarre depuis plusieurs années, est la preuve vivante que oui. Des diverses allées qu’il a parcourues, ce sont celles du Père-Lachaise qu’il connaît le mieux et qu’il considère comme « le lieu de [sa] vie ».

Un savoir qui lui permet de proposer au public des visites à thème pour le moins étonnantes. Humour noir, érotisme et assassins figurent au programme, ainsi que l’écrivain Marcel Proust ou encore le chiffre 3 – pour lequel il n’y eut qu’une séance, le 03/03/2003.

« Le lieu des retrouvailles »

Derrière cette passion pour les tombes, qui pourrait sembler morbide, se cache en réalité une célébration de la vie. Pour ce jeune quadragénaire au regard pétillant et à la mémoire époustouflante, les cimetières ne sont pas faits pour les morts mais bien pour les vivants – comme le rappelle l’épitaphe de l’artiste Marcel Duchamp « D’ailleurs, c’est toujours les autres qui meurent ». Loin d’y voir une institution sordide ou une manière de se complaire dans la douleur, Bertrand Beyern pose un regard serein sur le sujet : « J’ai toujours considéré le cimetière comme le lieu non pas de l’adieu mais comme le lieu des retrouvailles. »

portrait bertrand beyern2 300 Bertrand Beyern : rencontre avec le fils Lachaise   paris 20e arrondissement Le 75020 .frAussi a-t-il su faire rapidement une place aux morts dans sa vie qu’il compare à une bonne bibliothèque dont les étagères comptent à la fois des auteur trépassés et des contemporains. Deux manières différentes d’accomplir un même rituel : rendre hommage. Et dans le cas du cimetière, préserver la mémoire de personnalités qui ne subsistent plus qu’à travers elle. « Je trouve toujours que se souvenir est une des plus belles activités qui soient », avoue-t-il.

Mais Bertrand Beyern refuse qu’on y voit le signe d’un penchant pour le macabre ou le symptôme d’une personnalité mélancolique. Sa propre mort, il ne l’a d’ailleurs pas préparée et se voit mal manger les pissenlits par la racines au Père-Lachaise. Du moins, « pas plus ici qu’ailleurs ». Il ne s’est donc – pour l’heure – pas préoccupé de réserver un emplacement pour sa tombe. Un homme sans concession, en somme.

Amoureux du XXe

Épris du Père-Lachaise, Bertrand Beyern est également un passionné du 20e arrondissement – dont il se plaît à dire malicieusement que « c’est le seul arrondissement vraiment vivable de Paris » -, de la place Gambetta à la rue Piat en passant par la porte des Lilas et la rue des Envierges. Il nourrit une affection particulière pour la rue de la Mare où il avait pris, un temps, l’habitude de se rendre régulièrement. Face à l’immeuble où habitait alors Pierre Desproges, qu’il admirait beaucoup, il guettait secrètement le passage d’une actrice dont les attraits le captivaient : Marie Trintignant. Deux personnalités à qui il continue de rendre visite, en passant devant leurs dernières demeures, à quelques rues de là…

portrait bertrand beyern3 200 Bertrand Beyern : rencontre avec le fils Lachaise   paris 20e arrondissement Le 75020 .fr«Nécrosophe»

Si sa passion permet aujourd’hui à Bertrand Beyern d’amorcer facilement le dialogue avec ses nouveaux visiteurs – lorsqu’il leur demande leur origine et évoque ensuite les pépites que recèlent les nécropoles et autres ossuaires de leur région – elle lui a aussi pesé.

Il a pris conscience rapidement que son avenir était, pour ainsi dire, dans les cimetières. Enfant, il réalisait des fiches de tombes et les faisait découvrir à ses camarades de classe. Mais cet engouement l’a aussi un peu marginalisé. « A 15 ans, je parlais une langue que personne ne comprenais : le père-lachaisien », reconnaît-il avec auto-dérision. Il ignorait alors qu’il ferait rimer plus tard ce goût des sépultures avec littérature*. C’est par un opportun aléa qu’il est finalement parvenu à donner corps à sa vocation.

Étudiant en anthropologie littéraire, il apprend qu’il ne pourra pas mener à bien sa thèse sur le Père-Lachaise à cause d’une confusion administrative. Abasourdi, il tombe par hasard sur une annonce invitant à participer à l’émission Questions pour un champion, qui fait alors ses débuts. Le jeune homme y répond et franchit avec succès les pré-sélections.

Interrogé par Julien Lepers sur le plateau, il présente au public ses recherches et sa passion. Face au raz de marée de réactions positives de la part des téléspectateurs, Bertrand Beyern propose ses premières visites en tant que « nécrosophe », à mi-chemin entre l’historien et le comédien. Avec un talent qui, aujourd’hui encore, ne laisse aucun visiteur de marbre.

*Bertrand Beyern a écrit plusieurs ouvrage sur les tombes et les cimetières, dont son Guide des tombes d’hommes célèbres (Le Cherche Midi, 2008) et Mémoires d’entre-tombes : Journal d’un enfant de la dalle (Le Cherche Midi, 2003).

Programme des visites thématiques du Père-Lachaise par Bertrand Beyern

Informations pratiques sur le cimetière du Père Lachaise

 

Horaires d’ouverture du cimetière du Père Lachaise

Horaires du cimetière du Père Lachaise du 6 novembre au 15 mars

Du lundi au vendredi : 8h00 à 17h30

Samedi : 8h30 à 17h30

Dimanches et jours fériés : 9h00 à 17h30

Horaires du cimetière du Père Lachaise du 16 mars au 5 novembre

Du lundi au vendredi : 8h00 à 18h00

Samedi : 8h30 à 18h00

Dimanches et jours fériés : 9h00 à 18h00

Informations diverses sur le cimetière du Père Lachaise

Le public n’est plus admis un quart d’heure avant la fermeture.

Un plan gratuit est à la disposition du public à la Conservation.

Les personnes handicapées désireuses d’entrer en voiture dans le cimetière doivent fournir un certificat médical délivré par un médecin agréé par la direction des cimetières (liste disponible à la conservation).

Cimetière du Père Lachaise, boulevard de Menilmontant, Paris 75020
Cimetière du Père Lachaise, boulevard de Menilmontant, Paris 75020

 

Mais Bertrand Beyern refuse qu’on y voit le signe d’un penchant pour le macabre ou le symptôme d’une personnalité mélancolique. Sa propre mort, il ne l’a d’ailleurs pas préparée et se voit mal manger les pissenlits par la racines au Père-Lachaise. Du moins, «pas plus ici qu’ailleurs». Il ne s’est donc – pour l’heure – pas préoccupé de réserver un emplacement de cimetière. Un homme sans concession, en somme.

1 reponse pour “Bertrand Beyern : rencontre avec le fils Lachaise”

  1. ludwig dit :

    Merci pour cette excellent article plein de fraicheur. I

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