Alice Riehl et ses dentelles de porcelaine
Des mains d’Alice Riehl naissent des sculptures aux formes aériennes et mouvantes. Associant la dentelle et la porcelaine, la céramiste crée des pièces uniques, hommages à la légèreté et à la féminité.
L’atelier d’Alice Riehl, situé Rue Planchat, à quelques pas de la place de La Réunion ♦ est un lieu que la créatrice a voulu à l’abri des regards indiscrets. Lieu de réflexion et de production, l’espace – qui a pignon sur rue – se cache par des fenêtres obturées.
« C’est vrai que je ne participe pas aux journées d’ouvertures des ateliers d’artiste du quartier car je préfère travailler dans la solitude. Je n’aime pas non plus les exercices de démonstration de technique, une raison qui explique également pourquoi je ne donne pas de cours », précise Alice.
Après une première carrière dans le marketing et alors qu’elle est âgée d’une trentaine d’années, la jeune femme décide de se lancer dans « un métier concret qui demande un travail avec ses mains » et s’oriente très vite vers la céramique « pour son côté plastique». Formée à l’Institut de Céramique Française de Sèvres, elle trouve rapidement sa propre identité en associant des morceaux de dentelle qu’elle incorpore lors du modelage de la porcelaine.
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Le fil conducteur de son travail
« Le mariage de la dentelle et de la porcelaine devient désormais pour moi une matière à part entière. C’est un procédé systématique et indissociable », explique la créatrice. Une association qui permet un rendu nouveau et offre un effet de relief intéressant. « Au delà du relief, ajoute Alice, l’alliance entre ces matériaux procure une dimension féminine. Il y a une charge affective dans ces dentelles que d’autres femmes ont travaillé avant moi. C’est comme redonner une seconde vie à ses ouvrages et leur rendre hommage. »
L’instrument de travail d’Alice n’est autre que ses mains et près d’un mois est nécessaire pour que ses créations prennent vie. En naissent des créations tout en blancheur aux formes à la fois aériennes, végétales et marines qui sembleraient vouloir bouger, s’animer. « Je travaille sur le mouvement et les courbes et tout peut m’inspirer », souligne t-elle. Pièces uniques, les sculptures d’Alice traduisent une recherche permanente, « chaque création appelant la suivante ».
Une volonté d’être inclassable
Comprises entre 1500 € et 4000 €, les sculptures d’Alice sont exposées dans des galeries parisiennes, des salons, en France et à l’étranger. Face à l’éternelle distinction entre l’art et l’artisanat, la créatrice avoue « éviter de se positionner dans une case et aimer être dans des milieux différents ». Dans cet esprit, elle sera présente en novembre prochain au MAC Paris, Manifestation d’Art Contemporain qui met en avant de nouveaux talents.
De la même façon, pour renouveler sa démarche, Alice Riehl a récemment collaboré avec un sculpteur sur bois, Thierry Laudren. Leur collaboration a donné naissance à un « mobilier-sculpture », un ensemble de consoles qui joue la carte du contraste mais aussi de la complémentarité entre les couleurs (brun/blanc) et les matières (brut/délicat). Cette association devrait se poursuivre à travers une pièce monumentale, sans doute présentée à Maison&Objet en janvier prochain.
Déborah Antoinat














