Patrice Garelli : pas de ronron pour La Féline 02/09/09

Patrice Garelli : pas de ronron pour La Féline

Concerts, expos ou strip-teases, Patrice Garelli sait caresser les habitués de La Féline dans le sens du poil. Photo : Julien Lachaussée

Concerts, expos ou strip-teases, Patrice Garelli sait caresser les habitués de La Féline dans le sens du poil. Photo : Julien Lachaussée

Depuis trois ans, La Féline rugit rue Victor Letalle dans le 20e. Devant ce bar – où s’agite une faune aussi bigarrée que chaleureuse – trône un scooter bleu ciel qui semble tout droit sorti des 50′s. Sur le scooter, un homme. Un gaillard digne des films de Tarantino. Rouflaquettes luxuriantes, cheveux gominés et bras tatoués, voici Patrice Garelli, alias Pat. La Féline, c’est son bébé.

Un moutard qui a hérité de la passion pour la musique de son géniteur. Il faut dire que Pat s’est rapidement entiché des riffs des Clash et du ska des Specials. C’est donc logiquement qu’il s’est lancé dans la création d’un lieu où il puisse inviter d’autres oreilles à vibrer à l’unisson des siennes.

Pilote de zinc

Pour autant, Pat a eu le temps de rouler sa bosse avant d’arriver à Ménilmontant. Originaire de Bastia, il a grandi dans différentes villes avant de pénétrer la capitale à l’âge de 10 ans. Et ce n’est pas ce premier bout de vie qui va l’empêcher de dire que «[son] sang et [son] cœur sont parisiens».

Après ses études, il se lance dans la publicité en fondant une société avec des amis graphistes et devient chef de projet. Il décide un jour de changer de vie pour devenir… barman. Pendant trois ans, il travaille pour une vingtaine de bistrots, toujours muni de ses précieuses compiles. Après avoir accumulé suffisamment d’heures de vol au comptoir, il se sent prêt pour piloter son propre zinc.

Des Washington Dead Cats au Cabaret des filles de joie, Patrice a l'art de faire cracher La Féline ! Photo : F. Rieunier

Des Washington Dead Cats au Cabaret des filles de joie, Pat a l'art de faire cracher La Féline ! Photo : F. Rieunier

Monter La Féline

Épaulé de son associé Mathieu Lartigue, il met un an à réunir les financements nécessaires à son projet. L’idée ? «J’ai juste fait le bar dans lequel j’avais envie de sortir», explique Pat. Le lieu a demandé une certaine recherche puisque les deux compères voulaient exercer dans un secteur qu’ils connaissent. «Je voulais m’installer dans un quartier qui me ressemble.» Pari gagné.

Et le patron d’exprimer sa gratitude envers ses voisins en reconnaissant qu’il n’aurait pas pu se permettre d’accueillir 400 concerts en trois ans et de proposer des soirées aussi festives dans n’importe quel arrondissement parisien. «J’ai un profond respect pour les gens du quartier», confie-t-il.

Strip-tease burlesque

Il est vrai que les riverains doivent faire preuve d’un flegme admirable pour supporter l’exaltation que suscitent les soirées de La Féline. Qu’il s’agisse d’un concert des Washington Dead Cats, de Kid Congo (guitariste des Cramps et de Nick Cave) ou des Sans Culottes, ou encore d’un show d’effeuillage burlesque du Cabaret des filles de joie mené par Juliette Dragon, le thermomètre est souvent prêt à exploser quand La Féline est en chaleur !

Mariant miaulements de guitares et féminité désinvolte, à la fois légère et imprévisible, La Féline doit son nom à la fois au film de Jacques Tourneur, à l’album des Stranglers et surtout à «toutes les femmes qui envoient».

«J'ai juste fait le bar dans lequel j'avais envie de sortir», explique Patrice. Photo : F. Rieunier

«J'ai juste fait le bar dans lequel j'avais envie de sortir», explique Pat. Photo : F. Rieunier

Rock’n'roll !

Pat n’en est pas peu fier : La Féline est un bar rock’n'roll. Tout en précisant que «le rock’n'roll, c’est plus un état d’esprit qu’un style de musique». De fait, les hauts-parleurs diffusent aussi bien du Johnny Cash que des morceaux des Ramones. Et si la musique est une composante essentielle de l’identité des lieux, les murs accueillent aussi régulièrement des expositions de photos, de peinture, voire de sculpture – avec une préférence pour les œuvres qui font place à la chair…

Vivier culturel, lieu d’échange, espace de liberté, c’est un peu tout cela que Pat et Mathieu Lartigue sont parvenus à mettre sur pied. Sans bouder son plaisir, Patrice nuance un peu le propos : «ce sont aussi les gens qui viennent ici qui font le bar». Qui le défont aussi, en un sens. «Je casse la moitié de ma vaisselle chaque soir», s’amuse-t-il résigné. Ce qui ne l’empêche jamais de remettre le couvert…

Voir la programmation de La Féline sur son MySpace

75020 Paris, France

La Féline, 6, rue Victor Letalle, 75020 Paris