Anne Biraben : « La méthode Pau Langevin est vouée à l’échec »

Anne Biraben, déléguée UMP de la 21e circonscription inaugure notre rubrique Voix publique, nouvel espace de débat public, et politique, du 20e arrondissement.

Avant l’été, Mme Pau Langevin, députée PS de la 21e circonscription de Paris a pris position à travers son blog pour apporter son soutien à M. Sadhegi, dont l’inscription en Terminale avait été conditionnée par le proviseur du lycée Ravel à son engagement à ne plus perturber ni bloquer l’établissement durant l’année scolaire 2009 – 2010. J’ai été surprise de cette prise de position, revenant à féliciter un élève perturbateur pour son comportement au sein de l’établissement qui l’accueille et, in fine, à l’encourager dans ses actions plutôt qu’à lui faire prendre conscience de ses responsabilités.

La députée a mentionné, au conditionnel, le fait que l’intéressé aurait participé au mouvement contre la loi Darcos. Or, il me semble que ce qui était reproché au lycéen n’est pas que le fait du conditionnel. Il ressort de la lettre adressée au dit lycéen, et qu’elle a certainement lue, que ce dernier s’est illustré par des actions de blocages tant en Seconde qu’en Première ; qu’il n’a pas été seulement un simple participant, mais l’un des principaux animateurs des nombreux blocages ayant touché son lycée, ce dès 2007 – 2008 ; et qu’il s’est au demeurant permis de prendre des photographies des personnels qui tentaient d’empêcher les blocages. On comprend alors la démarche du proviseur, de réclamer un engagement écrit de la part de l’élève en cause, ayant déjà démontré son pouvoir de nuisance. Enfin, Mme Pau Langevin écrit qu’en conditionnant son admission à cet engagement, la direction va à l’encontre des principes de l’Éducation nationale pour laquelle, seuls des critères académiques ou disciplinaires peuvent faire barrage à une réinscription. Seulement, cet élève a-t-il eu une attitude conforme aux textes fixant les droits et devoirs du lycéen ? Apparemment non, et ce durant deux années consécutives. Plus largement, cette polémique, et la prise de position de la députée, sont révélatrices du laxisme qui entoure tout ce qui a trait à l’Éducation nationale. Par sa prise de position, la députée trouve inadmissible la démarche du proviseur, l’inscrivant de façon inattendue, dans ce qu’elle appelle la pénalisation du mouvement social. Le même genre de réaction de sa part aurait été apprécié pour condamner les comportements scandaleux de blocages ayant touché pendant des semaines entières les écoles publiques de France, empêchant par la force et l’intimidation les élèves dont l’unique souhait était d’étudier normalement et dans le calme. Il en va au demeurant de même à l’université, puisque le débat et le problème sont similaires.

L’Éducation nationale n’est pas un self-service
L’Éducation nationale n’est pas le lieu où tout est permis et où chacun peut, à loisir, estimer qu’il est en droit de bloquer, comme bon lui semble, le déroulement des cours et la tranquillité des élèves. L’éducation nationale, ce n’est pas une école de la contestation perpétuelle qui enseigne à ceux auxquels elle est censée dispenser un savoir, à descendre dans les rues pour obtenir ce qu’ils exigent. Ce n’est pas, non plus, un lieu d’apprentissage de la contestation systématique, de la politisation de personnes mineures, et de récupération à des fins politiciennes de jeunes inquiets de leur avenir. Ce n’est donc pas un self-service dans lequel tout un chacun, en premier lieu les élèves, peuvent se comporter comme bon leur semble à la moindre proposition de réforme qui aurait le malheur de leur déplaire. L’Éducation nationale, c’est la prise en charge de centaines de milliers d’élèves, leur préparation dans les meilleures conditions qui soient à leur avenir. C’est aussi leur inculquer un esprit de civisme par lequel ces élèves se rendent compte des responsabilités qui sont et qui seront les leurs dans un monde d’adultes.

L’Éducation nationale c’est surtout le principal poste budgétaire de l’État : des dizaines de milliards d’euros alloués par an, payés par les contribuables. Les enjeux de l’Éducation nationale doivent être décidés par la Nation et ses citoyens, via leurs représentants au Parlement. Pas dans la rue, ni par l’intermédiaire de blocages, de démagogie, et de manipulations syndicale et politique.

Aussi, demander, comme Mme la députée l’a fait, au proviseur d’accepter sans condition préalable l’inscription de Tristan Sadeghi au motif que le contraire était contre-productif, cela ne revient ni plus ni moins qu’à abdiquer le principe d’autorité pourtant essentiel qui doit régir les rapports entre direction et élèves, et à acheter la paix sociale en s’abstenant de prendre les mesures qui s’imposent lorsqu’un comportement inadmissible intervient. D’autant que Tristan Sadeghi, non content de son inscription, n’a guère attendu pour annoncer la création d’un nouveau “syndicat” lycéen, Force lycéenne, dont le seul programme se résume en une phrase irresponsable : ne rien céder. La méthode de Mme Pau Langevin est vouée à l’échec.

Anne Biraben
Déléguée UMP 21e circo
20e arrondissement de Paris