Conseil de quartier Ménilmontant-Amandiers : La question sociale s’invite au débat

Photo conseil de quartier Ménilmontant

Une cinquantaine de personnes étaient présentes malgré le froid. Photo: B. Billot

Bravant la température glaciale, mercredi 10 février au soir, une cinquantaine de personnes ont assisté à la réunion publique du Conseil de quartier Ménilmontant–Amandiers. La réunion a pris place à l’école élémentaire du 9, rue de Tlemcen.

Face aux habitants, une quinzaine de conseillers de quartiers, et quelques adjoints de la maire du 20e arrondissement, Frédérique Calandra, étaient présents. L’ordre du jour, axé sur des questions de voirie et d’aménagement de l’environnement urbain, a largement été dépassé par les interventions du public, soucieux d’aborder les problèmes sociaux du quartier.

Les travaux prévus dans le quartier.

Le premier projet présenté est la réhabilitation des foyers de travailleurs migrants. Réputés vétustes, les bâtiments attendent une rénovation depuis longtemps. Les représentants de la mairie affirment que les travaux commenceront bientôt, mais Marc Wluczka, adjoint à la Solidarité, prévient les habitants : « Vous allez être emmerdés ». Les travaux seront importants, et des désagréments de circulation sont à prévoir en particulier dans la rue des Amandiers.

Vient ensuite la présentation du futur aménagement de la rue Jacques Prévert. Le projet tente de répondre aux attentes de la population: la nouvelle rue se déploiera autour d’une petite place, lieu de vie où pousseront de nombreuses plantes et un arbre à palabre. Le mobilier urbain sera coloré pour rendre l’ambiance plus joyeuse. Quand aux « rodéos de scooters », source de nuisance pour les riverains, l’espace global sera remodelé pour qu’ils ne puissent plus avoir lieu.

Les questions sociales.

Au delà des questions d’aménagement urbain, le public a souhaité interpeller la mairie sur certains problèmes sociaux. Un représentant de travailleurs sans-papiers, est venu rappeler les difficultés auxquelles font face les grévistes de Multipro : coupure d’électricité dans les locaux de la société qu’ils occupent, risque d’arrestation par la police… Il demande à la mairie de renouveler son soutien et d’augmenter l’aide alimentaire qu’elle fournit.

L’association Droit au Logement (DAL) est également présente pour protester contre le risque d’expulsion d’une mère de famille, rue des Amandiers. L’organisme bailleur considère cette locataire comme occupant irrégulièrement son logement social. Malgré ses enfants et le paiement régulier du loyer et des charges par cette femme, le bailleur ne souhaite pas officialiser sa situation. Marc Wluczka a déploré à cette occasion la sévérité actuelle des bailleurs sociaux envers les locataires irréguliers, et proposé un rendez-vous personnel à cette femme, pour tenter de résoudre le problème.

Excédés par l’insécurité

L’insécurité a également été abordée par l’intermédiaire d’un représentant d’une association de locataires, qui déplore une situation catastrophique dans la rue des Amandiers : « c’est une horreur, surtout à cause des bandes de jeunes dans les cités, dans les halls, qui nous embêtent ». Il espère une augmentation de la présence policière. En réponse, un conseiller de quartier, lui a répondu qu’il considérait en effet cette question comme centrale, mais qu’il préférait mettre l’accent sur la prévention, certes « longue et complexe » mais plus efficace à long terme selon lui.

Un exercice de démocratie participative.

A l’issue de la réunion, Sandra Chelelekian, adjointe à la démocratie locale et participative, a insisté sur l’importance de « donner la parole aux gens ». Elle a une fois de plus invité tous les habitants du quartier à travailler avec la mairie, par l’intermédiaire des commissions du Conseil de quartier, et ainsi faire fonctionner une « démocratie ascendante et implicative ». Prochain conseil en mai ou juin.

75020 Paris, France

Ecole élémentaire, 9  rue de Tlemcen, 75020 Paris