Le Conseil de quartier Gambetta sort de son sommeil 21/01/10

Le Conseil de quartier Gambetta sort de son sommeil

Ils ne sont pas tous restés jusqu'au bout de la réunio, ils étaient près de cent personnes à assister au Conseil de quartier Gambetta mardi soir. Photo : G.Stoll

Ils ne sont pas tous restés jusqu'au bout de la réunion, mais il y avait près de cent personnes pour assister au Conseil de quartier Gambetta mardi soir. Photo : G. Stoll

Mardi soir, environ cent personnes étaient réunies dans la salle polyvalente, de l’école élémentaire du 103 avenue Gambetta, pour une séance plénière du Conseil de quartier Gambetta. Autour de Sandra Chelelekian, adjointe à la maire du 20e chargée de la démocratie locale et participative, une quinzaine de conseillers de quartier faisaient face au public. Dans l’assemblée, plusieurs habitants se connaissant déjà se regroupent par micro-quartier pour partager leurs préoccupations communes.

La séance débute sans retard et après une brève présentation des intervenants, l’ordre du jour est exposé. Chantiers en cours, problèmes de propreté à Gambetta, nouveaux espaces verts, projets culturels initiés sur le modèle d’Un noël pour tous de décembre dernier, difficultés d’accès à l’hôpital Tenon, troubles sécuritaires, les sujets balayés sont divers.

« C’est notre réunion de reprise, on est encore en rodage », explique le coordinateur du Conseil, Jean-Baptiste Salachas. Une reprise plutôt encourageante pour cette première réunion plénière de l’ère Calandra. Habile animatrice de la soirée, Sandra Chelelekian a su gérer les débats avec tact, bottant parfois en touche sur certains sujets face à l’insistance d’habitants qui monopolisaient le débat par leurs questions.

La sécurité au cœur des doléances des citoyens de Gambetta

La séance qui a duré environ deux heures, a surtout été l’occasion pour les habitants d’exprimer leurs inquiétudes quant à la situation sécuritaire dans certains quartiers. Les citoyens l’ont bien compris, l’union fait la force. Rassemblés en petit comité, les résidents de la rue Stendhal sont venus se plaindre du climat d’insécurité qu’ils ressentent au quotidien. L’origine des troubles selon eux : de jeunes hommes sans-abri, refoulés du CHU (Centre d’hébergement d’urgence) local, qui resteraient dans les rues alentour. Tapages nocturnes, agressions, les résidents sont à bout de nerf, « je demande à ma fille de ne plus passer devant le CHU pour aller à son collège », explique l’un deux. La responsable du centre d’hébergement, présente sur place avec deux résidents,  s’est expliqué : « Les fauteurs de troubles ont été expulsés du centre, les hommes que nous hébergeons sont eux-mêmes victimes de cette insécurité. »

Rendez-vous est donc pris au commissariat. La mairie du 20e ne pouvant agir directement sur le problème, son rôle est réduit à celui de simple médiateur. Elle se charge alors de relayer les inquiétudes des habitants de la rue Stendhal. Cette discussion liée au CHU aura duré une trentaine de minutes, monopolisant une bonne partie de la réunion et ce malgré les rappels à l’ordre de Sandra Chelelekian. Une situation qui a ainsi relégué les discussions concernant le quartier Python-Duvernois à la fin de la réunion, comme un symbole…

« Il faut qu’il y ait un suivi »

Organe de démocratie participative, le Conseil de Quartier Gambetta a vocation à impliquer activement les citoyens à la vie de leur quartier. Quel bilan ces derniers en tirent-ils ? « C’est un lieu utile, c’est toujours positif de pouvoir exprimer un avis mais il faut qu’il y ait un suivi après la réunion », témoigne une habitante à la sortie. Plus intéressés par les problèmes qu’ils vivent au quotidien dans leur micro-quartier que par les projets futurs que leur présente la mairie du 20e, le Conseil de quartier a tendance à se transformer en gigantesque bureau des plaintes. A l’écoute des habitants, l’adjointe à la démocratie locale et participative se retrouve sans réponse sur certaines questions, certains problèmes n’étant pas directement du ressort de la mairie du 20e.

Si des résidents sont ressortis un peu sceptiques,  l’ambiance est restée digne, un habitué des conseils de quartier l’assure : « Ce soir, ce fut plus calme et respectueux que pour d’autres conseils. » Preuve de revitalisation, la mairie du 20e l’a promis, trois réunions plénières seront organisées chaque année pour chaque conseil. La machine participative redémarre donc progressivement dans un arrondissement précurseur en matière de démocratie locale. Et si la mission est d’encourager la discussion entre responsables et citoyens, c’est plutôt un succès.

75020 Paris, France

Ecole élémentaire, 103 avenue Gambetta – 75020 Paris