Claude Bascompte : « Le sommet de Copenhague n’est pas à la hauteur de nos attentes »

Les Amis de la Terre à la manifestation du samedi 12 décembre lors du sommet de Copenhague pour le climat. Photo : Sacha Lenormand
Le75020.fr : Comment s’est déroulée cette journée de manifestation du samedi 12 décembre à Copenhague ?
Claude Bascompte : Nous sommes partis vendredi matin, en faisant une première manifestation à Paris Gare du Nord avec une centaine de personnes des Amis de la Terre, mais aussi les collectifs Ultimatum climatique et Urgence climatique justice sociale. Puis nous avons embarqué dans le train pour Copenhague. Avec les Amis de la Terre – International, nous nous sommes retrouvés au Danemark le samedi 12 au matin pour manifester. Tout le monde était habillé en bleu. Mais c’est surtout l’après-midi que c’était intéressant. Nous nous sommes regroupés avec d’autres collectifs et associations pour manifester devant le Bella Center (ndlr : où se déroule le sommet de Copenhague). Nous étions un peu plus de 100 000 personnes. C’était une grande manifestation pacifique et non-violente. Cela faisait bien longtemps qu’une manif proécologique n’avait pas réuni autant de monde, avec une nouveauté : la présence d’associations prônant la justice sociale.
Il y a pourtant eu plusieurs heurts avec la police, notamment avec le groupe des Blacks Blocs ?
C.B. : Oui, effectivement, il y a eu quelques démonstrations de force de la part de la police danoise. Quant aux Blacks Blocs, ils n’étaient pas conviés à la manif. La journée de mobilisation n’a pas été organisée avec eux. Ces heurts ne sont qu’un épiphénomène. Ce n’est pas l’élément principal de la journée. Trois de nos membres ont d’ailleurs été arrêtés parce qu’ils se trouvaient à proximité de ce groupe. Ils ont été relâchés deux ou trois heures plus tard. C’est plus de l’intimidation qu’autre chose.
Quel est le message que vous vouliez faire passer ?
C.B. : Nous avons émis plusieurs propositions qui nous semblent essentielles :
La première est de se mettre d’accord sur une réduction des gaz à effet de serre de l’ordre de 40% pour les pays industrialisés d’ici 2020. Pour le moment, on s’achemine vers une réduction de 30%, mais qui inclut les compensations et le marché carbone (ndlr : marché d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre), ce qui biaise le résultat final. De plus, cela ajoute un élément spéculatif qui peut entraîner des dérives. Nous rejetons le marché du carbone et les compensations.
Ensuite nous voulons que soit créé un régime de taxes, sur les transports internationaux par exemple, afin de constituer un fonds pour les pays du Sud et d’avoir un impact sur la réduction des transports.
Notre troisième mesure serait l’élaboration d’un statut spécifique aux réfugiés climatiques qui puisse répondre à leurs besoins. Enfin, nous souhaitons que soit créé un fonds d’adaptation pour les pays du Sud de 110 à 140 milliards de dollars.
Nicolas Sarkozy semble pousser les pays de l’Union Européenne (U.E.) dans cette direction…
C.B. : Oui, mais le problème est que nous ne connaissons pas le montant exact de la somme qui sera allouée aux pays pauvres. Nicolas Sarkozy a parlé de 10 milliards de dollars par an, mais quelques jours après, l’U.E. ne parlait plus que de 7 milliards de dollars sur 3 ans.
Que pensez-vous de l’implication de la France et du gouvernement français dans le sommet ?
C.B. : La France a montré sa volonté d’aboutir à un accord. Mais cet accord n’est pas à la hauteur de nos attentes.
Pourtant certaines mesures que vous appelez de vos vœux semblent en accord avec ce que propose le gouvernement ?
C.B. : Oui, mais nous sommes en désaccord sur beaucoup de points. Notamment sur les compensations du marché du carbone ou encore sur les politiques nucléaires et le développement des agrocarburants.
Quelles autres actions avez-vous menées à Copenhague ?
C.B. : Depuis le départ, nous avions une délégation présente au sein du Bella Center et qui discutait avec les délégations des différents pays ou des autres associations. Nous avions adopté cette stratégie pour être à la fois en dedans et en dehors du sommet, pour délivrer notre message à la fois aux décisionnaires et au citoyen lambda.
Mais à partir de mercredi après-midi, la délégation des Amis de la Terre représentée par Sébastien Godinot n’a plus eu accès au Bella Center alors qu’elle était accréditée. Je ne sais pas ce que ça cache. Le message que nous portons est-il trop radical pour les politiques ? Peut-être ne veulent-ils plus l’entendre ?












Une bien lourde déception alors qu’on en attendait tellement de ce sommet. Malgré toute sa bonne volonté, supersarko n’a rien pu faire. Il faut dire que les pays émergents tel que la chine ont pourri le sommet. D’un coté, on ne peut le leur reprocher : Les occidentaux sont responsables du désastre écologique actuel et on leur demande d’en payer les frais. Mais ces derniers préfèrent rattraper leur retard … Au final, l’utopie se termine sur un accord de vitrine. AU moins cet échec fera date, et on espère qu’à l’avenir on se souviendra de ce « désastre » comme expérience.