Cérémonie de parrainage de sans-papiers à la mairie du 20e 25/11/09

Cérémonie de parrainage de sans-papiers à la mairie du 20e

La mairie du 20e arrondissement accueillait une cérémonie de parrainage de personnes sans papiers, vendredi 20 novembre. Photo : Janos Kaldi

La mairie du 20e arrondissement accueillait une cérémonie de parrainage de personnes sans papiers, vendredi 20 novembre. Photo : Janos Kaldi

Vendredi 20 novembre, la salle des mariages de la mairie du 20e arrondissement est comble.  Au mur, une fresque représente la République, portée en triomphe par la Paix et les droits de l’Homme. Sous son regard bienveillant, des enfants chahutent, slalomant entre les bancs recouverts de velours rouge. La maire, Frédérique Calandra, et les élus du 20e, sont attendus pour une cérémonie de parrainage de sans-papiers. A cette occasion, des élèves de primaire doivent lire des articles de la Déclaration des droits de l’enfant (dont on fêtait les 50 ans vendredi). En attendant, ils soufflent et font des bruits bizarres dans le micro déjà allumé.

« Les enfants ont le droit de ne pas être complètement commandés par des adultes »

Au mur, des droits de l’enfant rédigés par des élèves de l’école de la rue Sorbier sont affichés : « Les enfants ont le droit de ne pas travailler dur ou même de ne pas travailler du tout », « Les enfants ont le droit de ne pas être complètement commandés par des adultes. »

Arrivent enfin les officiels. Autour de Frédérique Calandra, Anne-Charlotte Keller adjointe aux Affaires scolaires et périscolaires, Danielle Simonnet déléguée auprès de la maire chargée de la lutte contre les discriminations, de l’intégration, du handicap, et du monde associatif, George-Pau Langevin, députée de la 21e circonscription, et David Assouline, sénateur de Paris. La cérémonie peut commencer.

Léon s’exprime le premier, « élève en classe de CE1 à l’école Sorbier, [il a] choisi l’article 8 de la Déclaration des droits de l’enfants ». Après le discours de Frédérique Calandra, il est temps de procéder à la remise des parrainages. Les parrains et marraines laïcs, ainsi que leurs filleuls, sont appelés tour à tour pour recevoir des mains de la maire le document qui acte ce parrainage symbolique. Symbolique, oui, mais aussi utile.

« Ça change ma vie »

Monsieur K. travaille dans la sécurité et le bâtiment. Il est marié et père de trois enfants. En situation irrégulière, il vient de recevoir le parrainage de Mathilde D., professeur de lettres, habitante du 20e. « C’est une grande satisfaction. Ces gens se sont déplacés pour nous. Ça change ma vie », explique-t-il visiblement ému. L’utilité d’être parrainé, pour lui, c’est d’abord de bénéficier d’un soutien moral. « Si j’ai des problèmes, je peux appeler. » En cas d’arrestation, le fait d’être parrainé par un citoyen français complique la tâche de l’administration. Monsieur K. a déjà passé 15 jours en centre de rétention avant d’être libéré. « On ne sait pas si on va revoir ses enfants, c’est dur », lâche-t-il les larmes aux yeux.

De son propre aveu, sa marraine accomplit là un acte politique avant tout. « Il y a plusieurs choses qui se passent et qui me déplaisent. J’ai choisi d’aider une famille de sans-papiers. » Pourquoi ça et pas autre chose ? « Ici, on touche à l’enfance. » Et ce parrainage n’est pas l’aboutissement d’une amitié particulière : « on soutient des gens que l’on ne connaît pas forcément. »

Pour George Pau-Langevin, ce qui est important dans ce parrainage républicain, c’est « la solidarité directe de Monsieur et Madame Tout-le-monde. Cela montre l’ouverture d’esprit de nos concitoyens et le fossé qu’il y a entre eux et Monsieur Besson (ndlr : le ministre de l’immigration). »