Conseil de quartier Belleville : La mairie parle voirie, les habitants répondent délinquance

Il ne restait déjà plus beaucoup de chaises vides avant le début de la réunion. Photo : L. Malterre

Mardi 16 juin 2010, la salle de l’école de la rue Levert s’était remplie pour accueillir la réunion publique du conseil de quartier Belleville. La majeure partie des annonces faites par la mairie du 20e concernait la voirie. Par exemple, la rue de l’Elysée-Ménilmontant, petite impasse à proximité du parc de Belleville, sera presque intégralement refaite.

La mairie prévoit aussi un élargissement des trottoirs, l’ajout d’une zone deux-roues et des jardinières dont chacun pourra s’occuper avec le concours de deux étudiantes de l’Ecole paysagère de Versailles. Les habitants présents ont un peu tiqué en apprenant la disparition de sept places de stationnement à la faveur de places de livraison et de trottoirs élargis rue de la Mare.

Le secteur Julien Lacroix, lui, provoque même l’ire d’une partie de la salle. En effet, pour circuler du Sud vers le Nord, au niveau de la rue Julien Lacroix, un grand nombre d’automobilistes décide soit de la prendre en sens interdit, soit de passer par la rue du Liban, théoriquement piétonne.

Pour mettre fin à l’hypocrisie et à grand renfort d’études statistiques, l’ingénieur chargé de la voirie dans le 20e propose d’inverser le sens de la rue Julien Lacroix et de permettre aux véhicules venant du Nord de redescendre via la rue du Liban. Cette idée oppose vivement les habitants du quartier et il est décidé, au terme de vifs échanges, que la commission cadre de vie du quartier se charge de mener les débats et d’aboutir à une décision.

Belleville « c’est pas le Bronx »

La deuxième partie du conseil est consacrée aux questions des habitants. La salle est alors choquée à l’écoute du témoignage d’un habitant du quartier. Agressé rue Fernand Raynaud, près de son domicile, par des trafiquants de drogue, il raconte qu’il a dû se déplacer quatre fois au commissariat avant d’être entendu.

Désormais il craint les représailles. Un peu embarrassés, les élus promettent de s’entretenir avec les forces de l’ordre. Quand un artiste dont l’atelier est dans la même rue en rajoute sur les interpellations grossières, les agressions et les cambriolages, Sandra Chelelekian, ajointe à la mairie du 20e chargée de la démocratie locale et de la solidarité, lui répond un brin impuissante que ces choses ne seraient pas tolérées dans le 16e arrondissement de Paris.

Dans une phrase qui sonne alors comme une conclusion, un habitant de la rue de l’Ermitage cite un élu de l’ancienne mandature : « Ici, ce n’est pas le Bronx avant d’ajouter que selon lui « ça ne va pas tarder ».