Conseil de quartier Gambetta : dans les coulisses de la démocratie locale 02/06/10

Conseil de quartier Gambetta : dans les coulisses de la démocratie locale

La réunion publique du conseil de quartier Gambetta a débuté par un vif échange entre élus et habitants de la résidence Python-Duvernois. Photo : G. Darbord

La réunion publique du conseil de quartier Gambetta a débuté par un vif échange entre élus et habitants de la résidence Python-Duvernois. Photo : G. Darbord

Mardi 18 mai 2010, la deuxième réunion publique du conseil de quartier Gambetta, qui se tenait à l’école du 103, avenue Gambetta, a été l’occasion pour les habitants de Python-Duvernois d’exprimer à nouveau leur ras-le-bol des souris et des rats qui infestent leur ensemble résidentiel depuis des mois. En groupe, pour la plupart des mères de famille membres du collectif informel constitué suite à l’invasion des rongeurs, elles étaient bien décidées à obtenir des réponses des élus présents ce soir là.

Face à elles, la maire du 20e arrondissement Frédérique Calandra n’a pas dévié de sa ligne, exprimée lors du conseil d’arrondissement du 3 mai 2010. En bref, la mairie a agit dès qu’elle a été informée du problème et les opérations de dératisation mises en œuvre depuis portent leurs fruits. Frédérique Calandra en a profité pour proposer un rendez-vous avec le bailleur social de la résidence Python-Duvernois : « Nous allons rencontrer ensemble la RIVP »

« La démocratie, ce n’est pas pour nous »

Respect de l’ordre du jour oblige, après cette réponse il était temps de passer aux sujets suivants. Mais pour les habitants de Python-Duvernois, venus obtenir des engagements concrets de la mairie, on est loin du compte. Le ton monte, les visages se ferment, le dialogue semble impossible.

Pour les habitants, la mairie n’a pas prêté attention à leurs appels à l’aide répétés depuis l’été 2009, et les réponses données mardi 18 mai ne font qu’ajouter à leur frustration. « Nous n’avons pas eu l’occasion de répondre à la réponse de madame Calandra. La démocratie c’est pour les élus, mais pas pour nous apparemment », déplore une habitante en quittant la salle. Pour une autre, « la maire a fait son travail, mais elle doit faire plus en faisant pression sur la RIVP ».

La présentation des projets d'aménagement du quartier par Jacques Baudrier a été applaudie par le public encore présent à la fin de la réunion. Photo : G. Darbord

La présentation des projets d'aménagement du quartier par Jacques Baudrier a été applaudie par le public encore présent à la fin de la réunion. Photo : G. Darbord

Le dialogue s’installe à l’écart

Après cet épisode houleux, le conseil de quartier retourne à l’ordre du jour en proposant aux personnes du public de choisir entre trois thèmes dont elles vont pouvoir débattre en atelier. Au même moment, dans les couloirs de l’école, plusieurs élus entament un second round de dialogue avec les habitants de Python-Duvernois.

La discussion, encore vive, est plus posée. Les habitants témoignent de leur cas individuel et la RIVP est le plus souvent désignée comme responsable de la situation par son manque d’entretien de la résidence Python-Duvernois. Entourée de plusieurs habitantes, Frédérique Calandra s’engage finalement à mettre en place « un processus régulier de rencontre avec la RIVP » précisant que « [sa] seule promesse c’est de [se] battre pour faire changer les rapports entre bailleur et locataires ».

Les habitants demandent aussi la réactivation du comité de pilotage (soutenu en cela par l’ancien maire du 20e arrondissement, Michel Charzat, lors du conseil d’arrondissement du 3 mai 2010) mis en place par la précédente mandature pour impliquer les habitants dans les projets d’aménagement de leur quartier. Selon la maire du 20e, c’est tout simplement impossible puisque la liste des personnes membres de ce comité aurait disparu lors du changement d’équipe municipale.

Le cadre de vie a la cote

Dans la salle qui accueille le conseil de quartier, les ateliers thématiques se terminent. Les ateliers animation – culture et lien social n’ont pas eu autant de succès que celui sur le cadre de vie. « Les gens sont très attachés à leur environnement et s’impliquent  quand on leur permet de s’exprimer. Ces ateliers permettent à ceux qui n’osent pas prendre la parole en public de le faire », souligne Sandra Chelelekian.

Les sujets abordés par ses commissions sont variés. Rénovation de l’aire de jeu du square Édouard Vaillant, attribution d’aides pour l’organisation de fêtes de quartier, projets d’expositions et d’animations dans le cadre des 150 ans de l’arrondissement.

En conclusion de la réunion, Jacques Baudrier, adjoint à l’urbanisme, présente les projets d’aménagements de la Porte des Lilas, du 5 rue Stendhal… et de la Porte de Bagnolet qui comprend pour partie la résidence Python-Duvernois. Mais la plupart des personnes concernées ne sont plus là pour l’entendre.