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L’Ecole des filles de joie fait sa rentrée des grâces à la Bellevilloise

le 75020 .fr, journal web du 20eme arrondissement | Ecrit par frieunier on sept 8th, 2009 | Rubrique: Culture. | Fil information du 20eme arrondissement par le flux RSS 2.0. du 75020 .fr

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle... à l'Ecole des filles de joie, les sourires et les corsets aussi ! Photo : Gilles Rammant

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle... à l'Ecole des filles de joie, les sourires et les corsets aussi ! Photo : Gilles Rammant

Les beaux jours s’en sont allés. Les feuilles tombent… et, dans le 20e, les vêtements aussi. En ce samedi 5 septembre, l’Ecole des filles de joie fait sa rentrée et enseigne justement à ses élèves l’art de s’effeuiller.

Face à un grand mur bleu, de vieux fauteuils et des canapés élimés traînent dans les coins du forum de la Bellevilloise. Les tables et les chaises ont été poussées sur le côté. Un paravent au fond de la salle abrite les apprenties danseuses parties se changer avant d’entrer en piste. Composé de deux parties, l’après-midi commence par un cours de modern jazz, suivi d’une leçon d’effeuillage burlesque.

Une doyenne de 64 ans

Alors que quelques participantes finissent de régler leur abonnement ou de se raconter leurs vacances, la première partie démarre. Sur une estrade, Lolaloo des Bois – leur professeur – montre à ses écolières une série d’exercices d’étirement : «On vient toucher le sol avec les mains en gardant les jambes tendues.» Toutes ne sont pas égales face à la souplesse, mais c’est dans un rire partagée avec leurs condisciples plus élastiques que les moins flexibles d’entre elles plient légèrement les jambes.

Vient le cours proprement dit. Rythmé par Moby ou par la bande originale de Slumdog Millionaire, tout un vocabulaire corporel se déploie dans l’espace. Demi-plié, port de bras, couronne, demi-pointe, autant de postures qu’exécutent sans trop d’hésitation la trentaine de jeunes femmes présentes – bien que la doyenne de l’Ecole des filles de joie soit âgée de 64 ans et sa cadette de 18 ans, la plupart d’entre elles ont entre 20 et 30 ans.

Sur un air de piano bar, les danseuses minaudent et jouent les timides, tantôt coquettes, tantôt espiègles, toujours élégantes. Photo : Gilles Rammant

Sur un air de piano bar, les danseuses minaudent et jouent les timides, tantôt coquettes, tantôt espiègles, toujours élégantes. Photo : Gilles Rammant

Ne pas y toucher

A 15h30, la première partie touche à sa fin et laisse place au cours d’effeuillage burlesque. Retour derrière le paravent. Distribution de boas et de gants noirs. Corsets, bottes, talons hauts, bas, soutiens-gorge et culottes à froufrou font leur apparition au milieu d’une salle à présent jonchée de chaises.

Sous le commandement d’Eva la Vamp, les danseuses – assises sur leurs sièges – se maquillent et se pomponnent, jouent les effarouchées avant de se faire franchement lascives en jetant de langoureux regards alentours. «Jouez, faites-en trois tonnes !», les encourage-t-elle. Guidées par une musique de piano bar sur laquelle minaude une sensuelle clarinette, elles posent les mains tantôt sur les hanches, tantôt sur les fesses, sans se départir de ce port altier et de cet air de ne pas y toucher qui donne toute sa force au spectacle.

Adieu les complexes !

Au-delà de cette sensualité affichée, l’Ecole des filles de joie reflète un véritable engagement en faveur de la féminité. Dans une société où règne souvent la norme du zéro calorie, zéro pour cent, zéro défaut, la peur de ne pas entrer dans le moule émaille facilement la vie d’une jeune fille en quête d’épanouissement personnel. Ce que dénonce Juliette Dragon, qui dirige le Cabaret des filles de joie et fait partie du corps enseignant de l’Ecole. A ses yeux, ses cours de burlesque sont justement un moyen de «tuer la peur du ridicule» et «d’accepter de rire de soi-même, ce qui permet de se débarrasser de pas mal de complexes».

Bon enfant

En même temps, ne pas se laisser dicter une définition unique de la beauté n’empêche pas de vouloir parfois s’adonner au plaisir d’affirmer sa féminité. De se faire belle, de se rendre désirable. «Le pouvoir de séduction fait partie des plaisirs de la vie.» Une manière de voir qui ne fait pas de l’Ecole des filles de joie un lieu de débauche. «Les gens ont souvent une espèce de fantasme, ils pensent que c’est très hot alors que c’est très bon enfant.»

Elise, qui suit ces cours régulièrement depuis un an et participe à la revue du Cabaret des filles de joie, ne dément pas l’existence de cette vision caricaturale. Pour autant, elle ne cache cette activité ni à ses amis, ni à sa famille et cela ne l’empêche pas de «retrouver le plaisir de danser sans contraintes et dans une bonne ambiance». Un esprit sain dans un corset, en somme.

Photo : Gilles Rammant

Photo : Gilles Rammant

Pour en apprendre davantage sur Juliette Dragon et le Cabaret des filles de joie, visionnez ce reportage réalisé par Ruby Boukabou.

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Ecole des filles de joie : chaque samedi à partir de 14h (sauf exception, voir les détails sur le site du Collectif Surprise Party)
14h : cours de modern jazz
15h30 : cours d’effeuillage burlesque

La Bellevilloise, 19-21 rue Boyer, 75020 Paris, France

La Bellevilloise, 19-21 rue Boyer, 75020 Paris

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