L’académie du hip-hop

RABAH (au premier plan) et Booger, au square Sarah Bernhardt, lors de la Journée Nos Engagements en 2009. Photo : Marwan Bellaid
Faites vos premiers pas sur la scène hip-hop. Les choses sérieuses débutent en février pour les jeunes talents de l’arrondissement. Objectif de Hip-hop citoyen, association basée boulevard de Ménilmontant : donner un coup de pouce professionnel aux passionnés. Tous les ans, elle organise un grand concours appelée Journée nos engagements pour dénicher de nouvelles perles.
L’an dernier, elle a sollicité Konhdo, l’ancien chanteur du groupe La Cliqua pour encadrer les artistes en herbe durant trois mois. Au programme : écriture, scène, enregistrement en studio, passage dans une émission de radio et concert final. Sur une trentaine de groupes et solistes, une demi-douzaine retiennent l’attention du jury. Critères décisifs : cohésion de groupe, textes, musicalité. Still fresh était de ceux-là. Son manager Xavier Bouchet se souvient : « L’événement a beaucoup aidé les jeunes présents même si Still Fresh, lui, avait déjà fait pas mal de scènes. Pour tous, le passage sur la radio Génération fut l’étape la plus importante car elle est bien connue dans le milieu. »
Dépasser les stéréotypes
Aujourd’hui, la structure est subventionnée par la mairie de Paris. A ses débuts (en 2002), elle a du se passer de ce soutien. « A l’époque, notre musique n’était pas considérée comme un genre culturel. Il était difficile d’obtenir des financements », se rappelle Julien, responsable de l’association. Durant trois ans, son équipe et lui sillonnent la capitale et ses banlieues en quête de témoignages. Ils rendront un rapport détaillé sur l’apport artistique du hip-hop. Une marque de sérieux et de motivation qui finit par payer. Et dépasse les stéréotypes négatifs liés à cette musique.
Malgré cette mauvaise image, Sarah alias Rim-C, 21 ans, est une adepte du hip-hop depuis plusieurs années. « On a souvent l’impression de ne pas être pris au sérieux, c’est pourquoi j’ai voulu participer au concours. Et puis l’accès et la visibilité sont toujours difficiles à obtenir. Là, j’avais une occasion en or de me faire connaître ! » La jeune femme a passé toute son enfance dans le 20e arrondissement. « Je ne revendique pas le 20e, mais j’y habite. Lorsque j’étais plus jeune, j’aimais regarder par la fenêtre et j’essayais de mettre des mots sur les situations que j’observais. » Depuis, Rim-C a fait du chemin, couvée par Hip-hop citoyen.
8 ans de citoyenneté hip-hopNée au lendemain du passage de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle, en 2002, l’association Hip-hop citoyen réunit plus d’une vingtaine d’artistes de la scène parisienne autour d’une improvisation rap sur ce choc électoral. Depuis, la structure a évolué. Elle propose aux jeunes du 20e de découvrir des métiers liés au hip-hop : ingénieur du son, commercial, chargé de communication, avocat, manager ou producteur. Une façon de proposer un avenir professionnel à des jeunes qui sont parfois en rupture scolaire. |
Par Christelle Mensah











