Belleville et Ménilmontant font leur cinéma 11/02/10

Belleville et Ménilmontant font leur cinéma

Casque d'or de Jacques Becker a été tourné dans cette maison de la rue des cascades. Photo : Anne-Sophie Hojlo

Casque d'or de Jacques Becker a été tourné dans cette maison de la rue des cascades. Photo : Anne-Sophie Hojlo

Vincent Cassel et Monica Bellucci, Peter Kassovitz, la regrettée Marie Trintignant, Tchéky Karyo, Denis Lavant… tous ont choisi de vivre dans le 20e, avec une préférence pour Belleville et Ménilmontant. Acteurs et réalisateurs y tournent tout autant. Depuis Casque d’or, le quartier est éminemment cinégénique. « Ce n’est pas étonnant : il est vivant, convivial, populaire, pittoresque, avec un esprit de village », souligne Catherine Janvier, fondatrice de l’association Belleville en vue(s), qui promeut le cinéma de quartier.

Casque d’or de Jacques Becker est sans doute le film le plus célèbre qui a été tourné dans le 20e. C’est au 44, rue des Cascades que Simone Signoret a séduit Serge Reggiani en 1952. Tout au long des années 1950 et 1960, Belleville et Ménilmontant sont des personnages à part entière de nombreux films. Dans Le Ballon rouge d’Albert Lamorisse (1956), Le mannequin de Belleville de Jean Douchet (1962), ou Un gosse de la butte, de Maurice Delbez (1964), ruelles et passages du quartier sont de tous les plans ou presque.

La boulangerie au coin de la rue des Envierges et de la rue Piat, apparaît dans "Le Ballon rouge" d'Albert Lamorisse. Photo : Anne-Sophie Hojlo / Capture d'écran du film : DR

La boulangerie au coin de la rue des Envierges et de la rue Piat, apparaît dans "Le Ballon rouge" d'Albert Lamorisse. Photo : Anne-Sophie Hojlo / Capture d'écran du film : DR

« Accordéon en bande-son »

Depuis, le quartier est toujours un lieu de tournage prisé, mais il s’agit plus désormais de « retrouver l’image d’Epinal du Paris populaire qui a gardé son âme », précise Fanny Rigaut, chargée de programmation à Belleville en vue(s).

Danièle Thompson y a ainsi tourné en 2008 Le code a changé, réunissant une bande d’amis bobos. En 1996, Juliette Binoche échangeait son appartement de Belleville contre le loft de William Hurt, un psychanalyste de Manhattan, dans Un divan à New-York de Chantal Ackerman.

L'église Notre-Dame de la Croix à Ménilmontant apparaît dans "Femme Fatale" de Brian De Palma. Photo : Anne-Sophie Hojlo

L'église Notre-Dame de la Croix à Ménilmontant apparaît dans "Femme Fatale" de Brian De Palma. Photo : Anne-Sophie Hojlo

Les charmes du 20e

Les Américains ne résistent d’ailleurs pas aux charmes du 20e. Dans Femme fatale (2001), Brian de Palma a situé l’appartement d’Antonio Banderas sur la place Maurice Chevalier, devant l’église de Ménilmontant. « Le problème avec les films américains, c’est qu’on bascule facilement dans l’image du Paris cliché avec de l’accordéon en bande-son », explique Fanny Rigaut.

« Dans Paris je t’aime (2005), le court-métrage consacré au Père-Lachaise tombe dans le cliché total. Celui sur la Place des Fêtes montre un jeune homme qui joue de la guitare et finit par se faire poignarder », poursuit Catherine Janvier. Sympa pour l’image du quartier.

Le collège Françoise Dolto, rue des Pyrénées, où a été tourné le film "Entre les murs" de Laurent Cantet avec les élèves pour principaux acteurs. Photo : Anne-Sophie Hojlo

Le collège Françoise Dolto, rue des Pyrénées, où a été tourné le film "Entre les murs" de Laurent Cantet avec les élèves pour principaux acteurs. Photo : Anne-Sophie Hojlo

Les clichés n’épargnent pas les films français – même s’ils sont moins poussés. Ce que regrette Catherine Janvier en pensant au désormais célèbre film de Laurent Cantet, récompensé par la Palme d’or au festival de Cannes 2008 et tourné au collège Françoise Dolto. « Tous les jeunes du 20e ne parlent pas comme dans Entre les murs

Par Anne-Sophie Hojlo

75020 Paris, France

Belleville en vue(s), 10-12 allée du Père Julien Dhuit, 75020 Paris