Le Monte en l’Air déménage dans Ménilmontant

Guillaume Dumora a créé le Monte en l'Air il y a 5 ans. Aujourd'hui, il souhaite développer des rayons littérature et poésie. Photo: M. Guillon
Spécialisé dans la bande dessinée d’auteurs, les fanzines, graphzines et sérigraphies, Le Monte en l’Air a été créé il y a près de 5 ans. Arrivé au terme de la convention d’occupation précaire de son local rue des Panoyaux, Guillaume Dumora, a décidé de déménager sa librairie au 2, rue de la Mare. Avec son nouvel associé, Fabrice Cysique, il prévoit de « viser plus grand et plus large ».
Le75020.fr : Quelles sont les différences avec l’ancien local ?
Guillaume Dumora : C’est trois fois plus grand, c’est mieux situé, et on va avoir un fonds plus généraliste.
Où en êtes-vous dans votre déménagement ?
G. D. : Pour l’instant, on a pas encore fait l’implantation des livres de sciences sociales, littérature et poésie. Nous avons réimplanté le fonds que nous avions rue des Panoyaux, donc essentiellement tourné autour de l’image. D’ici fin juin, on aura intégré le reste.
Cela représentera environ 20 000 références tout compris, dont environ 5 000 en BD. En librairie classique le fonds tourne autour 10 000 à 15 000 références. L’idée c’est d’en avoir un peu plus avec des références rares qu’on ne trouve pas ailleurs et qui ont plus de matière et de fond.
Vous avez un attachement particulier au 20e arrondissement ?
G. D. : Je cherchais un lieu dans le quart nord-est de Paris, comprenant le 10e, 11e, 20e et le bas 19e arrondissement. J’étais déjà dans ce coin là, à Ménilmontant, avant de trouver le local rue des Panoyaux. Pour le déménagement on cherchait en priorité ici, pour ne pas perdre la clientèle de proximité et pour ne pas trop déboussolé les gens. C’est aussi un quartier où les potes viennent boire des coups. Il y a toujours du passage.
Quel est votre spécialité ?
G. D. : Une certaine bande dessinée, avec des choix très subjectifs. Une BD de création, d’auteurs. Et une grosse partie fanzines, graphzines, dessins, illustrations, sérigraphies et livres à petit tirage. Il y avait déjà un rayon musique et un petit rayon politique et sciences sociales. Maintenant on va développer tout ça. Il va y avoir un rayon littérature, mais l’idée reste de faire des choix subjectifs, surtout dans la petite édition, et de faire ce qu’il nous plait. Nous faisons l’impasse sur le mainstream de manière général.
Jusqu’à présent, j’étais capable d’atteindre un grand public s’intéressant aux choses un peu pointus même si je vends aussi du Joann Sfar et du Marjane Satrapi. Disons que c’est quand même un public spécialisé. A l’avenir on a bien l’intention de toucher un public plus large et d’avoir plus de proximité.
Avez-vous des pièces maîtresses ?
G. D. : J’ai des vieux Gébé, j’ai des vieux Wolinski et des vieux graphzines, par exemple. Mais ce n’est pas le genre de la maison de verser dans la bibliophilie. Je ne spécule pas là-dessus. Je ne fonctionne pas comme d’autres libraires qui mettent des livres de côté en se disant que ça prendra de la valeur dans 10 ans.
Vous suivez quelques auteurs du quartier ?
G. D. : La première exposition rue des Panoyaux, je l’ai faite avec Mokeït Van Linden, un mec du quartier qui y habite depuis une vingtaine d’années. C’est un des membres fondateurs de l’Association, la maison d’édition. C’est un peu le 5e Beatles. Il a participé à la création de l’Association, mais s’est barré assez vite. Comme j’en faisais partie, j’ai pensé que se serait bien, d’exposer quelqu’un qui avait un peu le même parcours que moi et qui venait du quartier.
On a aussi François Olislaeger qui habite juste à côté et Matthias Lehmann, qui vient de déménager dans le 18e.
Organisez-vous des rencontre entre auteurs et lecteurs ?
G. D. : Oui. Rue des Panoyaux, je faisais souvent des séances de signature pour des sorties de livres. On continue à en faire ici. Comme l’espace s’y prête mieux, on va sans doute faire plus de lecture accompagné de musique. L’idée c’est de faire un peu d’animation, autre chose que des trucs plan-plan, des choses un peu dynamiques.

La librairie fait aussi office de galerie. Toutes les trois semaines, le Monte en l'Air propose une nouvelle exposition avec vente des originaux. Photo : M. Guillon
Vous proposez aussi des expositions.
G. D. : Dès le début je me suis constitué en librairie-galerie. L’idée ce n’était pas d’avoir juste une librairie qui fait des expositions, mais d’avoir un vrai espace galerie. Une vraie actualité et une vraie activité de galerie, à savoir une exposition toutes les 3 semaines avec vente des originaux et une programmation un peu poussée essentiellement orientée vers le dessin.
Qui expose en ce moment chez vous ?
G. D. : En ce moment c’est une exposition collective, à l’occasion de la sortie d’une revue qui s’appelle l’Armée Noire. C’est une grosse revue de libraire dirigé par le poète Charles Pennequin, et le dessinateur Quentin Faucompré. Elle regroupe une trentaine de dessinateurs, poètes et graphistes.
C’est libertaire ?
G. D. : Oui on peut dire ça comme ça… C’est débridé on va dire. C’est punk rock, c’est lâché, c’est rock and roll quoi. C’est un peu l’orientation de la librairie aussi.













Pour un (court) historique sur les chaises musicales des commerces dans le quartier, voir par ici:
http://menilmontant.numeriblog.fr/mon_weblog/2010/05/le-monteenlair-sinstalle-1.html