Le Carnaval tire les ficelles

En face du square des Cardeurs, des enfants se pressent autour de la marionnette haute de 3 mètres créée par des habitants du quartier Saint-Blaise. Photo : Christelle Mensah
Dans la tête de cette jeune fille, les marionnettes prennent déjà vie. Cette année, les couples improbables sont à l’honneur : clin d’œil à la Saint-Valentin, célébrée le 14 février. Aïssatou habite le quartier Saint-Blaise depuis son enfance. Elle ne fréquentait pas le Théâtre aux mains nues, situé à deux blocs de béton à peine de son appartement où elle vit avec sa famille. Aujourd’hui, elle s’est tout de même décidée à franchir la porte du local aux murs beige.
« C’est le carnaval de l’an dernier qui m’a donné envie de participer. J’ai convaincu quelques copines de m’y rejoindre », raconte la jeune fille aux nattes blondes. « Parmi les participants, il y a des familles, des femmes seules, des ados, des anciens spectateurs », explique Emmanuelle Corson, responsable des relations avec le public du théâtre, le seul de Paris consacré aux marionnettes.

La dame bariolée, fabriquée par les riverains, n’a pas encore de tête. La manipulation est encore timide devant le Théâtre aux Mains nues. Photo : Christelle Mensah
Marionnettes géantes
Pourtant, ces activités peinent parfois à intéresser les habitants. « Le quartier est une zone prioritaire en manière de culture, il y a beaucoup d’offres différentes !» Une concurrence amicale contre laquelle Emmanuelle a ses astuces. Son réseau à elle, les gardiens d’immeubles qui relayent l’information. Et, avec son équipe, elle inonde le quartier d’affiches. « Nous organisons aussi des défilés de marionnettes improvisées et des représentations pendant l’été. Ca marche toujours ! »
Pour l’édition 2010 du Carnaval, le Théâtre aux mains nues doit fabriquer 5 ou 6 marionnettes géantes de 2 à 3 mètres de hauteur. Des structures lourdes, plus confortables à manier à plusieurs. D’autant que de Gambetta à Hôtel de Ville, le défilé dure entre 5 et 6 heures. Mais, cette année, les marionnettes seront construites en polystyrène, plus léger et plus maniable.

Chaque marionnette géante nécessite au moins trois personnes pour être manipulée (photo prise en 2009). Photo : Cyril Marcilhaci
Double défilé
Les ateliers viennent de débuter. Et chacun apporte des matériaux nécessaires à la création des pantins : cartons, mousse, papier journal… « Je ne serai pas là lors du carnaval, confie Josiane, la soixantaine. Je participe quand même en apportant des bouteilles en plastique. » Autre nouveauté, une jonction avec le défilé du nouvel an chinois prévue en milieu de parcours. « Les responsables ont tout de suite accepté de défiler avec nous ! », jubile Thomas Laou-Hap, coordinateur général du Carnaval de Paris. La jonction est prévue à Belleville. Of course ! L’un des meilleurs endroits de Paris où la mixité se donne en spectacle.
Dix ans au cœur du square des cardeursInstallé au cœur des barres d’immeubles dans un ancien laboratoire photo, le Théâtre aux Mains nues amène le quartier Saint-Blaise à découvrir ou redécouvrir les arts de la marionnette. Pour cela, il met le paquet : tarifs préférentiels, (5 euros au lieu de 12 euros), atelier de manipulation, programmation variée de spectacles destinés à un public large. L’équipe encadre aussi des jeunes compagnies itinérantes et collabore avec les centres sociaux et d’animation du 20e arrondissement. |
Sujet réalisé par Christelle Mensah
Derniers ateliers Fabrication et manipulation de marionnettes géantes :
- Mercredi 10 février de 18h à 20h
- Samedi 13 février de 11h à 13h
Contact : Emmanuelle Corson – 01 43 73 01 82
ou rp.mediation.tmn@wanadoo.fr










