Le vin s’invite dans le 20 27/01/10

Le vin s’invite dans le 20

Parfois caricatural, "Mondovino" pointe toutefois avec efficacité les dangers de l’uniformisation du goût du vin.

"Mondovino" et "Le meilleur vin de Chine" était au programme de la première séance Belleville en vue(s) de l'année.

Le vin, symbole de la civilisation occidentale pendant des millénaires, fait aujourd’hui partie des productions mondialisées. Une évolution qui s’avère une formidable source d’inspiration pour le cinéma, comme le montre les deux documentaires diffusés dimanche 24 janvier au Studio de l’Ermitage par l’association Belleville en vue(s). Le premier, intitulé Le meilleur vin de Chine, suit l’aventure rocambolesque d’un jeune vigneron de 25 ans recruté par un homme d’affaires français pour produire du vin en Chine. Dans un décor de Far-West, il va devoir faire face à la barrière de la langue, à la dureté du climat, au non respect de ses consignes par les travailleurs chinois, mais surtout aux humeurs de sa patronne, l’intraitable Mme Li. Autant d’obstacles qui prêtent souvent à rire grâce à un montage efficace et révèlent par ailleurs une conception de l’entreprise très différente selon les cultures.

En présence du réalisateur

Le réalisateur Olivier Pousset, venu discuter du film avec les spectateurs à l’issue de la projection, confirme ainsi « le désintérêt des Chinois pour le savoir-faire français au profit d’un rôle de simple faire-valoir auprès des banques et des gouverneurs du pays ». Il avoue aussi avoir voulu dénoncer « cette sorte de fantasme occidental qui conduit des hommes d’affaires à se lancer dans le marché chinois parce que « ça fait bien » dans les dîners mondains ». A l’occasion de cet échange, les spectateurs ont pu s’approcher encore plus des dessous du marché vinicole en dégustant deux vins sélectionnés par l’association auprès de cavistes indépendants du 20e arrondissement. Au choix : un verre de rouge Les Vieilles Vignes (Domaine Robert Sérol) ou un verre de blanc Les Genêts gris (Domaine de Villargeau) pour 2,50 € seulement. Juste de quoi enchaîner avec le deuxième film de la soirée, Mondovino, beaucoup plus connu que le précédent puisqu’il fut en compétition officielle au Festival de Cannes en 2004.

"Mondovino" et "Le meilleur vin de Chine" était au programme de la première séance Belleville en vue(s) de l'année.

Parfois caricatural, "Mondovino" pointe toutefois avec efficacité les dangers de l’uniformisation du goût du vin.

Contre l’uniformisation gustative

Malgré quelques longueurs et le côté foutraque de la mise en scène (images mal cadrées, mouvements de caméra désagréables), ce documentaire constitue un formidable plaidoyer contre la mondialisation de la culture du vin. Du Béarn à la Bourgogne, en passant par la Sardaigne, la Californie, le Brésil, le Maryland ou encore la Toscane, il part à la rencontre des paysans du terroir et des grands capitaines d’industrie afin de nous livrer les enjeux de leur lutte acharnée. Une véritable galerie de portraits qui n’évite pas une certaine caricature, les « bons » artisans libres-penseurs s’opposant aux « méchants » industriels obnubilés par l’argent et prêts à conspirer avec les experts. Le parti pris du réalisateur Jonathan Nossiter, digne du cinéaste Michael Moore, n’empêche pas cependant de pointer avec efficacité les dangers de l’uniformisation du goût du vin pour l’économie locale et pour le plaisir des oenophiles.

Le plaisir des cinéphiles sera, lui, de nouveau au rendez-vous le dimanche 21 février, avec un ciné-concert consacré aux premiers films de l’histoire du cinéma mis en musique par Aldona, au Studio de l’Ermitage.

Les dimanches au Studio de l’Ermitage
Ciné-concert dimanche 21 février à 18h.
Tarif : 5 €

Retrouvez le programme de Belleville en vue(s) sur www.belleville-en-vues.org

75020 Paris, France

Studio de l’Ermitage, 8, rue de l’ermitage, 75020 Paris