Dialogue littéraire avec Paul Desalmand

Paul Desalmand concentré face aux questions de ses lecteurs. Photo : V. Legrand
« La solitude est le plus grand danger d’un écrivain ». Qu’il se rassure, Paul Desalmand n’était pas seul. Ses lecteurs et les curieux du 20e arrondissement étaient à la conférence mensuelle Dialogues littéraires organisée par la mairie. Une salle du conseil au trois quart pleine, dont les murs sont tapissés de magnifiques peintures évoquant la butte de Ménilmonant. D’emblée, l’écrivain charme son auditoire par son charisme et son indéniable sens de la formule. Expliquant les vicissitudes de la création littéraire, il déclare ainsi à une assemblée hilare que « la première chose que doit faire un écrivain est de ne pas écouter sa femme ».
Ancien élève de l’ENS, Paul Desalmand a un parcours atypique : 30 ans d’enseignement en Afrique dont il garde un excellent souvenir puis 3 semaines en France qui l’ont décidé à abandonner son métier en raison du manque d’investissement des élèves. Distinguant l’écriture d’information de l’écriture de création, l’auteur du Bonheur par les citations explique que la création littéraire impose d’avoir beaucoup de temps à soi. Aujourd’hui retraité, ce sexagénaire loquace a déjà une bonne soixantaine d’ouvrages à son actif.
Amuser et émouvoir
A l’image de Stendhal, l’écrivain considère qu’on n’écrit jamais seul mais dans la confrontation avec les autres. Son dernier roman, Les fils d’Ariane, ainsi que sa série de portraits, Le promeneur de la butte Montmartre, en sont l’illustration : mêlant tour à tour des fragments de sa propre expérience à celle des gens qu’il rencontre, Paul Desalmand construit ses récits dans le souci permanent d’amuser et d’émouvoir le lecteur.
L’écrivain dresse un portrait sombre de l’époque et a fortiori de la littérature, embourbée dans des contraintes économiques et dans la médiocrité. Un texte, explique-t-il, se construit dans la lenteur : après un premier jet vient l’étape de la digestion puis celle de l’ultime mise au point avant la publication. Collaborant épisodiquement à un petit journal de commerçants du 18e, l’écrivain fait l’éloge de la convivialité de sa nouvelle aventure, la dimension locale et la totale indépendance d’un organe qui ne reçoit aucune subvention.
Rédaction : Jess Feuillie et Victor Legrand
Dialogues littéraires à la mairie du 20e (le premier mercredi de chaque mois), entrée gratuite










