Marcel et son Orchestre décomplexent la Maroquinerie
Aller à un concert de Marcel et son Orchestre, c’est un peu comme assister au carnaval en avance. Vestes en léopard, casque de chantier luminescent, jeunes filles à couettes, grand gaillard en peau de bêtes : ce soir, le kitsch est chic ! Une tradition suivie depuis longtemps par le public du groupe – à plus forte raison lorsque ce dernier joue à domicile, dans le Nord-Pas-de-Calais.
Slip
Mardi 10 novembre, en arrivant sur la scène de la Maroquinerie (rue Boyer, dans le 20e arrondissement), les sept membres de la formation ne dépareillent pas. Perruques blondes, lunettes fantaisistes en forme de cœur, chapeau haut-de-forme démesuré à paillettes roses et argent… Le but est affiché, il n’est pas question d’être dans le bon ton mais dans la bonne ambiance. A coup de punk-ska où se mêlent fanfare et paroles drolatiques, Marcel assène au public une joie communicative. D’ailleurs les spectateurs commencent à slamer dès le deuxième morceau, et Tibal (saxophone, flûte et chant) se retrouve en slip avant le cinquième.
«France qui se lève tôt»
Faire la fête est bien la principale ambition de la formation. Mais cela ne l’empêche pas d’être ouvertement contestataire. Ainsi clame-t-elle que « la révolution se fera sur l’édredon » et a une petite idée sur les sources de la sinistrose ambiante. « Remettons les pendules à l’heure/Qui fait la gueule dans le métro ?/Est-ce les traînent au lit et les branleurs/Ou cette France qui se lève tôt ? » Sans prosélytisme, le groupe n’en dit pas moins ce qu’il pense.
Se moquer du bon goût
Mais le plus appréciable encore chez Marcel et son Orchestre reste sans doute la façon qu’il a de joindre les spectateurs à son enthousiasme.
Exemple :
- Est-ce que vous aimez la country ?
- Ouais !!!
- Non, si vous aimez la country, il faut dire Yiha !
- Yiha !!!
Et d’accompagner la chanson qui suit par un cheval à balai. La plus forte ruade donnée aux complexes a toutefois lieu au moment des rappels. Annonçant d’abord qu’il doit s’arrêter là parce qu’il a de la route et «un concert super important» le lendemain, le groupe finit par négocier.
- On peut jouer des trucs pourris alors ?
- Ouais !!!
- Vous aimez le reggae ?
- Ouais !!!
- Ah ben Paris c’est pas si branché en fait…

Fidèle à la tradition du groupe, le spectacle était assuré en partie par le public. Photo : Laurent Pasquier
Résonne peu après La Soirée Ferrero, au cours de laquelle la moitié des spectateurs se mettent à danser la queue leu leu – se moquant du bon goût, le sourire aux lèvres. Ce soir-là, Paris avait à la Maroquinerie le soleil qu’il n’a pas dehors…
La Maroquinerie, 23, rue Boyer, 75020 Paris[/googlemap] |












