Didier Super se coupe en quatre à la Bellevilloise

Jouant les faux amateurs, Didier Super et Fabrice Wolbaeck (Les têtes de vainqueurs) font preuve d'une incroyable maîtrise du BMX. Photo : Gilles Rammant
Si le concert de Didier Super à la Bellevilloise était une épreuve sportive, ce serait un marathon trash. Car, en fait de concert, quatre spectacles mordants étaient au programme en ce 4 novembre. Tout commence par une histoire de pédales. Le chanteur se présente avec un VTT, accompagné de son acolyte Fabrice Wolbaeck, «15 ans de pratique de BMX, 20 ans de musculation (le jeudi), 5 ans de permis B sans accident». Un CV qui lui permet de décapsuler les bières avec son vélo. Et d’accompagner à la flûte à bec les cascades de Didier sur The Final Coundown.
Préservatif éclaté
Une fois achevées ces facéties vélocipédiques, la scène est transférée du forum de la Bellevilloise au club. Seul sur scène, le Didier Super interprète quelques-uns de ses titres mais livre surtout différents numéros de comique – en large partie déjà exécutés lors de son précédent spectacle. L’occasion pour ceux qui l’avaient raté de découvrir Monsieur Bidouille (une paire d’yeux accrochés au ventre de l’artiste, qui tripote son nombril pour faire parler le personnage). Ou encore de se demander si le préservatif usagé que le farceur fait éclater au-dessus des spectateurs a (comme il l’affirme) vraiment été trouvé dans la rue. Un bémol : le taux de remplissage de la salle est si élevé (environ 500 personnes) que les conditions du spectacle sont loin d’être idéales pour tous.
Punk californien
Durant le troisième volet de la soirée, Olivier Didier Haudegond (qui est à Didier Super ce que Clark Kent est à Superman) peut faire une courte pause. Maïon et Wenn prennent le relai pour chanter l’amour « avec du poil autour ». Jouant les ingénues édulcorées, elles cachent des paroles caustiques et un jeu de scène énergique, alternant entre les styles Nouvelle vague et rap américain façon Busta Rhymes. Un sympathique bonbon acidulé, en somme. L’attention du public se relâche un peu après deux heures de concentration. Mais il suffit de quelques morceaux pour que les deux dynamiques et jeunes Bretonnes s’attirent finalement bis et bravos.
Pour le dernier set, Didier Super prend place aux côtés de La Discomobile avec qui il démarre par une interprétation punk-ska des Démons de minuit. Le combo enchaîne ainsi quelques-unes des reprises publiées sur l’album La Merde des autres (J’ai encore rêvé d’elle, Hallellujah). Puis il s’attaque aux morceaux de Didier Super. On va tous crever, Y’en a des biens (sic) ou encore Petit caniche, peluche pour vieux prennent ainsi une tournure punk californien. Le tout entrecoupé des interventions osées du chanteur – que la décence et la loi sur la liberté de la presse nous empêchent de reproduire ici…












