Pierre Charras : « Je suis un Parisien du 20e » 21/10/09

Pierre Charras : « Je suis un Parisien du 20e »

 

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Pierre Charras est l'auteur du Requiem de Franz, une "fiction admirative" dont le héros est le compositeur autrichien Franz Schubert. Photo : DR

Le 75020 : Votre livre traite du fameux compositeur, Franz Schubert… Pourquoi ce choix ?

Pierre Charras : J’ai toujours été un auditeur attentif et amoureux de Schubert comme j’ai été fasciné par la peinture de Francis Bacon et par les livres d’Henri Calet. J’ai fait des romans sur les deux derniers que j’appelle « fictions admiratives ». Il était bien naturel que je me livre au même exercice pour la musique. D’autre part il se trouve que Schubert est mort jeune (ndlr : à 31 ans) et méconnu : je suis moi-même inconnu et je ne me sens pas très vieux malgré les années qui s’accumulent, on peut donc parler d’empathie entre Franz et moi.

Franz Schubert était un personnage « dans l’angoisse »… Est-ce cette facette qui vous attire ?

P.C. : Pourquoi me posez-vous cette question, puisque Franz, c’est moi !

« J’aurai bien aimé ressembler à tout le monde. C’est-à-dire à personne ». Une des meilleures phrases du roman. Est-ce votre opinion ? Est-ce le propre de chaque artiste ?
 

P.C. : Je crois que tout artiste est unique. Mais, je crois avant tout que tout homme est unique.

Plus largement, j’aimerais vous parler du 20e… Vous en êtes originaire, que pouvez-vous me dire de cet arrondissement ?

P.C. : Je suis né à Saint-Etienne, j’ai habité en banlieue, dans le Marais et à Montparnasse. Il y a trente-cinq ans que je suis dans le 20e et j’aime cet arrondissement. Je regrette la fabrique d’enveloppes qui était près de chez moi, tous les ateliers de la colline et les vieux bistrots. Oh Ramus* ! Combien de temps encore garderas-tu ta patine ? Bref, je regrette le passé. C’est pourquoi je vais si souvent me promener au Père Lachaise.

Pour certains le 20e est un arrondissement favorable à la création. Qu’en pensez-vous ?

P.C. : La création est partout où sont les créateurs. Sinon, il suffirait de s’installer à certains endroits de la planète pour créer. Or, créer est très mystérieux et c’est tant mieux.

Êtes-vous parisien ou êtes-vous du 20e ?

P.C. : Je me sens parisien du 20e puisque ma fille est là depuis vingt-cinq ans et qu’elle a tant joué dans les squares de l’arrondissement. Edouard Vaillant, Séverine, Debrousse ou Sarah Bernhardt… Aujourd’hui, l’éternel Antoine Blondin y a lui aussi son square, ce qui me réconcilie avec le présent.

Quel est votre prochain roman ? Votre prochaine idée ?

P.C. : Bien sûr, j’ai des projets. Mais je ne parle que des choses finies. Alors, je n’ai encore rien à dire sur demain.

*café du 20e, 4 rue du Père Lachaise

Propos recueillis par Valérie Meret