« En attendant que le bus explose » de Thomté Ryam
C’est en 1979 que Thomté Ryam, d’origine Tchadienne, voit le jour à Amiens. Très vite, il embrasse une carrière de footballeur professionnel qu’il délaisse pour se tourner vers l’écriture. Après son premier roman, Banlieue Noire (Editions Présence Africaine) prochainement adapté au cinéma, il publie En attendant que le bus explose aux Editions du Rocher.
Des mots durs et forts
Paris 20e arrondissement. Le dernier roman de Thomté Ryam se joue dans ce quartier populaire où toutes les origines et tous les rêves se mélangent. Dans un long et unique flash-back précédant le drame, celui du bus 51 qui tuera 24 personnes, des destins se croisent : celui de Malik, l’ex taulard, de Charlotte qui fait la manche dans le métro ou encore d’Anthony, un musicien acharné qui tente de faire carrière. Gravitent autour d’eux, des gens du quartier avec leurs histoires amusantes ou tristes, le tout sur un fond noir et peu rassurant… A ces jeunes parfois paumés, parfois optimistes mais en lutte perpétuelle pour faire de la vie autre chose qu’un cauchemar, le lecteur s’attache. Il se prend à aimer l’intrigue livrée par l’auteur : personne ne sait qui a perdu la vie dans la tragédie.
Mais ce qu’on retient surtout de ce roman, c’est son style. Des mots durs et forts, destinés à frapper les esprits quant à la réalité de la vie ou plutôt la réalité que l’auteur veut bien lui donner. On ne s’ennuie pas, on est mitraillé à chaque ligne. Malik, le personnage principal du roman, sorte d’alter ego de l’auteur, se veut aussi le porte-parole de l’espoir et d’un futur moins gris.
Exemples extrêmes
Alors oui, l’écriture est franche, directe, débarrassée des oripeaux d’une littérature contournée. A raison, à tort ? On regrette la légèreté de la critique politique ou le fait que l’utilisation du « slam » et de l’argot, entre autres, appose trop facilement à l’histoire un sceau « ghetto », affaiblissant du même coup la voix choisie du roman et la place laissée à une image renouvelée des quartiers. Le « parler vrai » du roman stéréotype le message, celui de la jeunesse d’aujourd’hui à laquelle il semble difficile de s’identifier tant les exemples sont extrêmes. Reste cependant une galerie de personnages à la fois touchante et naïve qui rend toute son humanité au récit de Thomté Ryam.
Rédaction : Valérie Meret











« On regrette la légèreté de la critique politique ou le fait que l’utilisation du « slam » et de l’argot, entre autres, appose trop facilement à l’histoire un sceau « ghetto » » En quoi l’argot et le slam apposerait un sceau ghetto ? On parle argot partout en France et le succès du slam n’est pas communautaire…